Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Si je te dis ça, est-ce que Tu me suis ?

Pour remplacer le contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée, je te propose un contrat de collaboration au projet de l’Entreprise. Il finit avec le projet au plus tard et avec ta collaboration au plus tôt si tu ne te retrouves plus dans ce qu’il est convenu pour le mener et réciproquement. Et cette convention, entre l’entreprise et toi, repose sur les conditions énoncées ci-dessous et sur lesquelles, elle et toi, vous trouvez votre complémentarité et votre contribution à ton projet personnel dans le projet collectif et réciproquement et ceci, quelque soit ta fonction. Dans ces conditions, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que le banquier m’a dit que si je veux que mon capital et l’argent qu’il me prête me rapportent plus que si je les place à la banque, je dois parier sur un projet d’Entreprise dans lequel le produit ou le service que je vends rencontre suffisamment de Clients qui acceptent de payer le prix pour le produire et couvrir nos ambitions de revenus à tous. C’est comme ça et pour ça que le projet dans le système capitaliste crée des emplois, si on ne peux pas le faire tout seul, ce qui est mon cas. Est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que c’est le client, au final, qui est le vrai patron car c’est lui qui a le choix de venir acheter chez nous ou d’aller chez nos concurrents, tu comprends que nous ne pouvons pas faire autrement que de faire la différence : soit, au même niveau de prix, il choisira la meilleure qualité, soit, au même niveau de qualité, il choisira le meilleur prix. Et pour arriver à cette approche, ce sont tous les maillons de la chaîne de fabrication du produit ou du service qui doivent être au niveau convenu dans notre organisation, car si l’un d’eux est plus fragile, c’est sur celui-là que le Client va mesurer sa satisfaction pour nous faire confiance ou pas. Avec cette ambition et ce niveau d’exigence, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que le pari de l’argent qui doit rapporter raisonnablement plus que les 3,5 % s’il est déposé à la banque, comme celui de séduire durablement et suffisamment de Clients malgré la concurence et l’innovation, sont moins reposant et beaucoup plus risqués que d’attendre la fin de l’année pour toucher ses intérêts, tu comprends qu’il est indispensable de s’organiser pour déterminer la contribution de chacun et y faire correspondre et distribuer aux carrefours adéquats un pouvoir de décision dans l’intérêt et la préservation de ces deux objectifs. Sur la base de ces deux garde-fous, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que le plus gros danger qui nous guette, toi comme moi, c’est l’habitude qui nous joue tant de tours dans tous les registres de notre vie : soit que l’on ne s’adapte pas et on prend l’habitude d’aller voir ailleurs, soit on ne se compend pas et l’on s’habitue à vivre sous tension, soit on ne trouve plus l’interêt dans le projet commun et l’on se démobilise résignés, soit que l’on y reste bien campé dans ses routines bien sécurisantes et on s’en trouve obsolète, convaincus de ce qui a été fait, mais sortis de ce qui va venir. Si donc je te dis que notre seule issue, c’est de nous faire vivre réciproquement sur les bords de notre limite de confort et d’apprendre en continu de nos erreurs, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que rien n’est immuable dans la nature, que même pour se maintenir à niveau il faut déjà faire quelque chose alors pour progresser, tu penses, il faut vouloir être meilleur un peu plus tous les jours, sinon on est très vite dépassé par le monde qui est entraîné, lui, dans cette roue infernale. Sinon, tu meurs…à petits feux, mais tu meurs… un peu plus tôt que ce qui aurait pu être possible. Alors, si je te dis que c’est ce qui m’anime et que c’est ce avec quoi je veux conduire le projet d’Entreprise, si je te propose de m’aider à persévérer dans cette voie ou de me secouer le jour où le blues prend le dessus pour me résigner, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que les juges arbitres ce sont d’une part, le Client et que l’outil dont il se sert pour mesurer notre performance est l’argent qui lui en coûte pour la qualité qu’on lui propose, et d’autre part, le banquier pour la fiabilité des prévisions de fluctuations d’argent que l’on aura projetées pour nous faire confiance et qu’à ce petit jeu-là, avec cet outil de mesure là, il n’y a qu’une méthode qui fonctionne : le juste prix ! Alors certes, je vais te proposer d’éliminer les gaspillages que l’on génère dans nos organisations et dans nos process, certes, nous allons pousser nos limites chaque jour un peu plus loin, certes nous allons réduire nos coûts, mais pas pour éliminer des emplois, mais produire plus avec tous ceux que nous aurons associés au projet. Justement. Si je te dis que je ne pourrais pas mener le projet tout seul mais que le projet n’est pas récompensé pour le nombre d’emplois qu’il crée, tu comprends que nous devons construire ensemble un projet d’épanouissement réciproque dont la durée de vie est celle de l’épanouissement. Dans ce cas, est-ce que tu me suis ?

Si je te dis que si l’une des contributions réciproque au projet est donc l’épanouissement personnel, je n’oublie pas que celle qui te permet de la soutenir est la capacité que le projet te donne de subvenir à tes besoins et de vivre bien. Bien sûr, si tu veux devenir très riche, le projet de t’associer à celui de l’entreprise n’est pas le bon support, et je te conseille de créer le tien sur la bonne idée. Mais si tes projections sont construites avec sagacité, enthousiasme et confiance, il n’est aucune raison de ne pas trouver dans le projet d’Entreprise la satisfaction de tes appétits si je le mène, moi aussi, avec sagacité, enthousiasme et confiance. Alors, proportionnellement à ta contribution au produit et/ou service acheté par le Client et l’incidence de ta contribution à sa satisfaction, nous pourrions construire une grille de rémunération équitable avec un critère de mesure pertinent. Ne crois-tu pas ? Et si de surcroît, nous convenons que tout le monde est gagnant si le pari industriel est gagnant, nous scellons la complémentarité. Pour cela, il suffit également d’en définir le critère de distribution pour que tout le monde y trouve son compte : un quart des résultats pour les fournisseurs, un quart pour les salariés, un quart pour l’entreprise et un quart pour les porteurs du pari. Bien sûr, on demandera à l’Etat de ne pas nous taxer sur ce partage après impôts et de s’en contenter. Est-ce que tu me suis ?

Si je te dis enfin qu’il n’est pas besoin de se frotter les yeux pour vérifier en lisant ces lignes qu’il s’agit de choses possibles, mais que pour qu’elles le soient, il n’en est besoin que d’une seule : changer notre regard de l’un sur l’autre et réciproquement ! C’est-à-dire, moi, faire confiance au contributeur que tu es et ne pas voir en toi le tire-au-flanc qui vient chercher du pognon en râlant à la fin du mois et toi, faire confiance à l’entrepreneur que je suis et ne pas voir en moi l’abruti borné et veule qui ne pense qu’à sa gueule ! Si ces regards-là ne changent pas, vraiment, ne viens pas !

Mais si la convention que je te propose avec ces mots et ces conditions t’aident à te projeter dans un avenir où nous avons des intérêts communs pour y vivre bien, alors, suis-moi !

– pourquoi faut-il un meneur pour que quelqu’un suive, Maître ?
– parce qu’il n’est pas donné à tout le monde d’avoir un projet, Disciple !
– mais alors pourquoi tant d’échecs dans les initiatives, Maître ?
– parce qu’il n’est pas donné à tous ceux qui ont un projet, la sagacité nécessaire pour le mener, Disciple ?

Gérard Leidinger

Posté le 27 février 2019
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