Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Des mesures pour la Démesure : sérieux ?

Vous viendrait-il à l’idée de peindre les lignes blanches de la route avec le pinceau qui vous sert à faire une copie de la Joconde ? C’est l’image que je me fais de la démesure des mesures proposées contre la démesure de la situation.

Difficile de ne pas rire devant l’image de Poutine qui passe le sel à Macron assis à l’autre bout d’une interminable table ovale en blanc neige artificielle des jeux qui eux ne craignent rien devant le ridicule.

Mais difficile de ne pas pleurer devant l’image de ces deux ours, peau l’air de rien, qui se disputent le bout d’un interminable banc, d’autant qu’il se déglace sous l’effet de serre malgré le froid blizzard qui s’échappe entre deux de leurs salves salées de « sait-on au moins où l’on va ? », mais pire, je crois, « pourquoi veut-on donc y aller ? »

D’escalades de surenchères et en os, agglutinées aux frontières habillées, elles, de blanc de neige naturelle de jeux qui chinent les noises à ceux qui ne demandent rien, ce sont les dimensions des mesures évoquées qui m’interpellent comme si elles m’apparaissaient improbables par rapport à la démesure des conglomérats que l’on constate. Ce mot a d’ailleurs une connotation dans laquelle on entend des glauques se comporter comme des rats qui me laissent un arrière-goût d’égout dégoutant, agglutinés à la frontière, agglutinés à l’effet de serre, agglutinés aux déchets de plastique, agglutinés à la déforestation, agglutinés à la consommation, agglutinés à la spéculation, agglutinés à la ponction, agglutinés à la déraison, agglutinés à l’agglutinement : « Mais pourquoi veut-on donc y aller s’agglutiner ? »

Voilà que l’on reparle de désescalade
aussi fermement et avec autant de conviction que celle requise pour freiner la course à la démesure du dérèglement climatique. A voir les empressements à agglutiner les CO2, c’est à croire qu’il s’agit d’une course au plus gros producteur cette COP 21, une coupe du monde de celui qui se la pétera le plus ! J’aurais personnellement préféré ne pas être qualifié pour cette course-là et même ne pas disputer les matchs de qualifications. Mais vous me direz que ceux qui n’y sont pas, ce sont eux qui vont trinquer les premiers. Ce qui est sûr c’est que c’est bien l’espèce du Bipède qui gagnera celle de la confédération dans l’effet qui sert à sa dégringolade, mais qu’il emportera malheureusement quelques congénères qui n’y sont pour rien et quelques espèces qui n’ont rien demandé de plus dans son « agglutinerie ». Tu me diras que dégringolade est une forme de désescalade, même plus rapide et tangible qu’elle, certes, mais ce n’est pas de celle dont il était précisément question dans nos salves de décarbonation ! Et pendant ce temps-là, le russe piétine, le français marmonne, le chinois artifice, l’américain savonne, le bipède pollue, la Terre tousse et les espèces encaissent… Pire, pendant que nous, en rangs d’oignons, on regarde deux ours peau l’air de rien jouer à passes-moi le sel que je me sale et me hisse au rang des as à seins, droits dans mes bottes, soutenus par autant en emporte le vent du gaz de Sibérie, même s’il n’y a pas de quoi ! Alors ?
Rien qui vaille

Et pendant ce temps-là,
les candidats à notre présidentielle nous inondent de promesses qui ne manquent pas de sel saupoudré sur des blancs d’œufs montés en neige artificielle naturelle de jeux aux liens épiques comme entre les ingrédients de ceux d’une liste de courses dont ils ne semblent avoir prévu de menu appréciable que par leurs partisans. Alors comment ne pas prévoir d’emblée la soupe à la grimace des froids blizzards qui vont souffler dès le vote achevé entre deux salves salées de « sait-on au moins où l’on va, » ou pire, je crois, « pourquoi s’obstine-t-on dans cette impasse ? » Avez-vous entendu une allusion, une phrase, que dis-je, un mot, une respiration, sur cette désillusion annoncée ? Croissance sans l’étranger de l’un, décroissance sans concession pour l’autre, repliement concentré national pour l’un et redistribution doctrinale des richesses pour l’autre, vœux mou d’un virage illusoire et tiraillé à bâbord pour l’un et vieux coup de gaule à tribord pour l’autre mais sans cible ni but formel et mesurable pour aucun d’eux, juste pour des esprits sensibles, noyés dans le formol partisan, ce vaccin mono dose, efficace, lui, contre la pandémie du consensus souhaitable et contre la contagion et les formes civilisées de négociation pour l’intérêt collectif. Tout ce petit monde oublie que l’une des mains est motrice et que l’autre est directrice, « selon que vous soyez puissant ou misérable », droitier ou gaucher, et se prive de la possibilité de tisser une maille à la mesure de la démesure démocratique dont on souffre depuis si longtemps en utilisant les mêmes méthodes : « pourquoi s’obstine-t-on dans cette impasse ? »
Pas un mot d’aucun d’eux ! Alors ?
Rien qui vaille.

Je me sais un peu confus et fumeux,
-je ne fume pas mais comme les vaches je préfère l’herbe-, sans doute « agglutinescaladé » par l’énormité de la disproportion entre les mesures et justement la démesure des constats. J’ai bien appris et me suis bien ému sur l’effort du Colibri, Pierre, et tout est à son honneur, mais il est quand même mort à ce champ-là, emporté par la démesure entre l’effort et la situation. Qui parle, qui a regardé cette dimension-là dans ton histoire ?
Alors quand je vois ces deux ours peau l’air de rien au bout de la table ovale longue comme un courant d’air, piétiner et marmonner des je t’aime moi non plus, diplômes à tics en muselière, je m’indigne. Et quand je vois les candidats au statut d’ours, peau l’air de rien, mariner, éructer, âner, radoter, ronchonner, soupirer, pouffer, décrasser, ruisseler, entonner, gaspiller, égayer, touiller, lasser, flopper, grimacer et continuer à maronner en battant en neige irrationnelle et blanche de rage, leurs noms ou prénoms respectifs aux jeux qui eux ne craignent rien devant le met pris, j’ai envie de dire : « mais avec tout ça, candidats, sera-t-on heureux ? Tous ? Enfin ? Cette fois ? »
Morts ou survivants ? Sérieux ?
Dans le doute, retroussons nos manches.

Vladimir, envahit l’Ukraine si tu veux, surtout si c’est pour le climat, parce que de toutes les façons, si tu ne fermes pas le gaz, on ne peut plus que craindre le pire, puisqu’on sera morts asphyxiés et toi aussi. Et cela t’aura fait une belle jambe. Et ?
Agglutine, Poutine, v’la dix mires !
Agglutine, candidat, la France en tombe !
Agglutine, citoyen, sers-toi et cueilles !
Alors ?
Rien qui vaille. Pardon, les enfants…

Gérard Leidinger
Auteur de la Déconomocratie

Posté le 9 février 2022
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