Billets d'Humeur
Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse
Présidentielle : ascenseur pour l’échafaud d’un peuple divisé et idiot !
Moins désespérante que l’image du Monde donnée par nos Guignols de l’ignominie, celle des actualités qui surnagent des informations en boucles comme de la mousse sur un verre de bière, me donnent l’opportunité d’étayer mes propos quant à la crédulité viscérale et désarmante de Sapiens à pendre des vessies pour des lanternes ! A qui sa trumpitrerie et voila MAGA en pâmoison sur le toit du Monde ! A qui sa poutinindignité et voilà la cour du tsarounet rechatouillée par la Grande Russie ! Et depuis le ventre mou de la planète en errance de ses propres angoisses, moins bruyantes et moins sanguinaires mais tout aussi dévastatrices puisque sclérosantes et nuisibles, voilà que l’on nous sert, ici, au Sapiens Français tout aussi crédule, sortie de la mousse de nulle part, une « deux-siciles » comme une 1664, dans un bol tibétain revisité vénitien pour faire vibrer les fils restant à polir d’un prétendant favori de nombreux, mais déjà, Jordan, élu par elle !
C’est d’un ton « mousseux » que je prends la plume, aujourd’hui, pour y aller de mon commentaire, moi-aussi, tout en me gardant bien de toucher à tout ce qui a trait aux sentiments qui leurs appartiennent et devant lesquels je suis aussi respectueux qu’heureux pour eux. Cependant, pour ce qui est de la sphère publique, si bien étalée et pas simple justement pour être authentique, tout me renvoie, le disais-je, à quelque chose de bien moins désespérant que pour les guignols internationaux, certes, mais tout aussi révélateur pour ce qui est de la crédulité naïve et sotte des Hommes, qui les conduit toujours ou presque à l’indignation plus tard. Trop tard. Piteusement ! Clairement, 2027 en point de mire et en points de repères les désillusions systématiques depuis 58 !
L’anecdote comme illustration
Comme une planche à billets pour se faire de la monnaie, voilà une racoleuse moissonneuse-batteuse battre les champs de voix des médias, à coups de ronds de jambes et autres manières empruntées à une arrière-chambre de salle de bal aux ors lustrés et lourds de leur histoire. On aurait voulu draper notre harpiste en selfies d’une cape altière et léchée, couvrant à s’y méprendre, les aspérités qui laissaient apparaître quelques approximations préjudiciables à l’image ciblée, que l’on ne s’y serait pas pris autrement : les manières, les poses et les panoramas sont si bien improvisés qu’ils transpirent la spontanéité et la fougue que la passion laisse transparaître, parfois, au-delà des postures convenues, quand le tout est volé par les paparazzis ! Là, ce n’est pas qu’il y ait doute sur la bière, mais l’épaisseur de la mousse interroge ! A qui le son de la harpe sur le selfie et voilà que les patriotes invétérés s’excitent d’une sorte d’adoubement prometteur d’étoffement par emprunt. Tout cela est plus élaboré que la surface d’un selfie pourtant bien costumé déjà, puisque anobli, en quelque sorte, par caution de l’invitée de marque qui partage le cliché, même si le mot semble grossier parmi les commentaires chauds sur l’étranger auxquels on est plus habitués.
Ce bon Capitaine Hasard qui pilote notre Évolution, semble particulièrement bien soigner celle de notre harpiste en selfie, à la fois au niveau des rencontres, du tribunal, du timing et de la mousse qui surnage les mises en bière du Monde. N’y pensez même pas, il n’y a pas la moindre once de jalousie tant il serait fou de penser pouvoir remplacer Marine, ni le moindre soupçon de manipulation, tant tout est orchestré : il s’agit juste d’une convergence chanceuse de l’alignement des planètes qui comble ici ou là, d’éventuelles imperfections dans une trajectoire jusqu’ici aussi artificielle que pathétique : marionnette modernisée sans fil qu’il faudra bien espérer consistante et étoffée, justement, parmi les guignols de l’ignominie si le parcours poursuit son alignement, pour éviter ce grand moment de solitude d’un pingouin chez les bonobos ?
Car là (non, elle, c’est Maria Caroline !), les selfies léchés comme les peaufinés au « Deux-Siciles » (pardon, Madame, vous n’y êtes vraiment pour rien), ne seront pas suffisants pour apporter l’épaisseur espérée, à peine pour éviter les fissures qui risquent de craqueler la crédulité des endoctrinés d’origine ou récemment séduits, justement, par ces titres importés. Allons, sérieusement !
L’exploitation des faits
Le meilleur moment pour s’indigner, c’est avant l’embarras de s’entendre se plaindre. Voilà un bon exemple d’un bon moment pour évaluer, maintenant, non pas au doigt mouillé comme toujours dans les votes, si cette eau politique sera meilleure ou pas que les autres ? N’y entendez surtout rien de scabreux, c’est juste piteux : oui, projetez attentivement l’image, donc, encore plus policée de la marionnette dans les mâchoires des guignols internationaux : sans mémoire augmentée, sans télécommande de posture, sans discernement acheté, sans vision assistée, sans IA embarquée, surtout sans âme animée d’un projet lisible, puisque biberonnée à la mousse à gonfler les sondages mais remontée contre presque tout, si bien de ne rien pouvoir construire en additionnant les restes, n’en déplaise aux courtisans ! Même accusé de tout, Emmanuel Macron, là au moins, porte le drapeau, digne…
Pauvre Monsieur Bardella, à l’image de l’arroseur arrosé en selfies, il n’est, malheureusement, pas le seul des candidats à la Présidence à prétendre pouvoir échapper à l’évaluation sceptique au doigt mouillé de leur ambition. C’est l’alignement qui lui vaut l’écume aujourd’hui, pas la critique primaire d’un opposant, mais en bon cobaye surexposé. Pour faire simple et me mettre tout le monde à dos, mieux, à la même enseigne de cette crédulité pitoyable qui nous avilit, je ne poserai que trois questions aux peuples électeurs (a) revendiqués chacun par son candidat et une seule au peuple de France décloisonné(b) auquel je voudrais tant appartenir :
a) 1. Si le doigt mouillé ne semble pas être l’outil idéal pour comparer les programmes, quel est le critère concret avec lequel vous allez déterminer votre choix ?
2. Si le portrait de votre candidat influence votre choix, quel est le trait qui vous apportera concrètement le mieux attendu dans votre vie personnelle et celle des autres ?
3. Si votre candidat est élu, qu’advient-il du changement concret promis pour tous les autres « peuples », donc exclus, qui ne s’y retrouvent pas, re dépités ? C’est ça, la promesse ?
b) 1. Lequel de ces candidats propose un projet politique construit qui réponde aux aspirations et aux insatisfactions, raisonnables et décentes, d’au moins les 3/4 des Français ?
C’est rendre possible les choses nécessaires, disait Richelieu de la politique ! Alors, si le système économique n’est pas en mesure de donner à vivre raisonnablement et décemment à TOUS ses administrés, pourquoi la collectivité doit-elle compenser ses approximations ? Messieurs les baratineurs diviseurs et peuples crédules, modifiez donc le système et vous obtiendrez votre ¾ consensuel ! Une piste : l’argent est le seul fruit qui n’a pas de cycle !
Vous voyez où je veux en venir : la crédulité va, une fois encore, nous faire moisir dans l’indignation et l’abstention puisqu’on ne change pas de méthodes. Vous poser ces questions, c’est un peu vous indigner avant et tenter une consistance pour agir pendant qu’il en est encore temps : exigez des élections sur consensus unificateur au lieu de ces vedettariats diviseurs ! Rien de pire que de rester, encore, dans l’ignominie politique des beaux parleurs, qui flattent vos vessies que vous prenez pour des lanternes ! A vrai dire, c’est parce qu’ils ont notre soutien et notre approbation que les clivages existent : où donc se nichent la crédulité et la condamnation à la frustration et à l’échec collectif, encore et toujours ? Chez nous ! En dehors de la violence qui en dit long sur nos irrésolutions, quels vrais changements en cinquante ans ? Ah, oui, le selfie ! Piteux, non ?
Je me suis projeté le jour béni où tous les baratins auront abouti : une fois les riches siphonnés, les pauvres perfusés, les étrangers refoulés, les écolos recyclés, les bobos pansés, les travailleurs dispensés, les nantis confisqués, les fanatiques emmaillotés, les intellos revisités, les religieux « paradisés », les anarchistes reprisés, les politiques enchaînés (chez Renault) et les autres ressemés, la France ira mieux, réanimalisée sans crédulité ni sottise individualiste ou partisane, mais improbable : des peuples gâtés au moins d’illusions et de libertés d’expressions de leurs idéaux respectifs, autocentrés, mais incapables de l’effort de convergence indissociable du consensus collectif, parce qu’aucun des leaders autoproclamés ne le porte ni ne le construit, aucun de nous ne le veut !
Oui, quoi, depuis que le français s’indigne, ce n’est pas de son insatisfaction collective, mais de son insatisfaction partisane. Et au nom de quoi ? Ceci n’est pas de l’indignation qui, elle, est consensuelle, c’est de la frustration par rapport à l’idée que l’on s’en fait. Alors, c’est mieux comprendre pourquoi s’émouvoir pour deux clichés ciblés, masquant une réalité aussi désespérante que sordide : la frustration est entretenue par les clivages ! Faut-il être…
La présidentielle, un ascenseur pour l’échafaud d’un Peuple divisé et idiot. Veut-il le rester ?
Gérard Leidinger
Auteur de Clitoyens, prenons en main notre Vivre Bien