Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

monde nouveau bonifié ou monde éculé robotisé ?

Est-ce un progrès de fabriquer des robots pour aller faire la guerre à notre place ? D’aucun se félicitera que c’est déjà plus « propre » que de tuer de pauvres gens qui n’ont rien demandé, alors que l’on restera toujours aussi confus de ne pas savoir ne pas y recourir ! Ce qui, en soi, serait un vrai progrès par rapport à notre Évolution. Tous nos livres d’histoire ne débitent que nos pugilats plus ou moins sanglants, mais toujours soldés par une reddition et ses outrances, sans prendre la moindre leçon de vie, si ce n’est de glorifier les sacrifices des braves, morts au champ d’honneur, ce bel engrais abstrait mais noble, pour les recevoir comme graines de revanches sur les champs de batailles. Et nous y voilà encore et toujours, plus forts, plus efficaces, plus meurtriers, puisque plus gros ! Et qu’en est-il du progrès des robots pour nous remplacer au travail ? Quand je vois ce gâchis absurde comme en sont, davantage encore, les prétextes de « devoir » la et le faire, j’enrage de constater en même temps, la promotion et l’engagement consacrés aux progrès prétendus comme l’Intelligence Artificielle, qui nous y sont promis et auxquels on croit, au regard privilégié des profits qui y sont espérés. Mais de progrès en quoi pour nous rendre plus heureux ? Un violeur en moins grâce à l’IA ?


Des guerres plus savantes et sournoises, des profits plus rapides et plus monstrueux, des écarts de subsistance plus flagrants et plus improbables encore, jusqu’à dormir sur Mars au clair de la Terre atomisée. Mais pas tous ! A quatre passagers par voyage, il faut commencer le transfert tout de suite ! En quoi ce monde est-il nouveau, alors qu’il semble bien éculé et coincé dans ses perversions. C’était une flèche qui tuait, c’est une balle qui tue, c’est un drone qui démultiplie : progrès ? C’était la propriété terrienne qui tranchait, c’est le capital qui décide, c’est la spéculation qui démultiplie : progrès ? C’est la connaissance qui poussait, c’est la découverte qui conforte, c’est la science qui démultiplie : progrès ? En dehors de rendre l’Homme plus équipé, plus outillé et plus assoiffé, rien ou si peu n’a fait de lui un animal plus heureux, plus enthousiaste, plus serein, (moins « con », me souffle le monde animal qui en pâtit). Rien. Ce sont toujours les mêmes angoisses qui le tiraillent, c’est pourquoi il s’engouffre dans des croyances de plus en plus alambiquées. Ce sont toujours les mêmes insatiables appétits de possession et de pouvoirs qui lui mangent ses raisons, c’est pourquoi il s’acharne à toujours plus au lieu de toujours mieux. Ce sont toujours les mêmes frustrations de comparaison qui lui pourrissent son quotidien, c’est pourquoi il s’obstine à désigner un coupable pour mieux argumenter sa quête de privilèges, indignement quémandés !

Personne ne s’apprend à augmenter sa capacité de mémoire vive pendant qu’Alzheimer nous gomme celle dont la Nature nous a dotée pour autant qu’il en est besoin. Personne ne se booste la capacité de raisonnement pour traiter les quatre ou cinq bonnes idées que nos neurones nous souffleraient si elles n’étaient pas étouffées par la première meilleure idée qui nous vient parce que c’est la seule tout de suite et surtout parce que c’est la sienne ! Personne ne se consacre à valoriser tout ce à quoi on s’est astreint à la conscience de soi, quand on largue le tout sur un simple coup de tête (?) charnel, juste pour le plaisir d’une décharge électrique au creux des reins en onze minutes chrono (pas la décharge !), habillage et déshabillage compris, à en croire P. Coelho ! Personne ne prend le temps de se construire raisonnablement le sentiment d’être heureux, prisonnier de l’espérance de s’en voir pourvu sans effort par la force d’une prière fervente où qu’elle monte, d’une richesse jouée d’où qu’elle vienne, d’une ivresse d’alcool d’où qu’il coule, d’une extase d’un rail de coke d’où qu’il ronge, jusqu’à notre déconsidération de soi de ne pas être l’adulé des magazines, à en crever ! Voire de l’être, c’est dire !

vieille histoire
Dans cette course folle aux développements scientifiques et techniques aussi erratiques (innover pour vendre) qu’anarchiques (innover pour la prouesse d’innover), il est clair que mon indignation est sans doute aussi anachronique que malavisée par mon inculture. Mais, au train où vont les choses, juste avec ma lecture de peuple ordinaire des constats et vu l’impact sociétal et civilisationnel de leurs installations comme de l’impéritie des populations pour les intégrer et les discriminations qu’elles engendrent de par leurs objets puisque leurs utilités pose question, je les considère comme des guéguerres malhabiles (pour rester dans le ton et des profits) ou, pire, des erreurs de trajectoire dans l’Évolution pour rater, encore et encore, la dimension humaine du bonheur vers lequel ils devraient être orientés, avec ce que nous savons et ce que nous ne savons pas, avec ce que nous avons déjà « raté » ou moins. Si Facebook (ou tout autre réseau social) est un progrès, l’ensemble de ses utilisateurs est-il plus heureux avec ? Voilà un bel exemple d’impact de détournement de soi, non décidé et non préparé, jouant et pariant sur la procuration potentielle d’être l’élu de ces magazines, au profit du profit, et pas du bonheur à constater leurs frasques et leurs dégâts ! Gutenberg a eu besoin que le peuple apprenne à lire pour que son invention soit utile ! Mais l’Église s’est offusquée parce que le peuple pouvait lire des livres moins « saints » ! Mais l’essentiel en tant que progrès était servi :
– La satiété, tout le monde pouvait satisfaire sa curiosité,
– La sérénité, personne n’avait de crainte à avoir d’une quelconque menace,
– L’équité, tout le monde était concerné par la proposition, à chacun de faire l’effort adapté.
Comme dans l’Évolution naturelle, tout le monde évolue et contribue en même temps. Les fonctionnalités se reproduisent là où il en est besoin, sans discernement ni ségrégation, simplement par utilité. Ce en quoi le réseau social est un piège puisqu’aux trois points, il est trompeusement presque en phase. C’est comme un couteau, tout le monde peut s’en servir, il coupe la viande la plupart du temps et tue aussi. Qui a appris à lire Facebook comme on a appris à se servir d’un couteau ? Un violeur de moins avec Facebook ?

Certes, la chaîne alimentaire inclus la place du prédateur, mais que pour la subsistance, jamais pour le plaisir ni la notoriété ni le cynisme, toujours dans le respect des équilibres.
Certes, elle inclut les efforts pour la subsistance, mais jamais pour l’accumulation, puisque les cycles répondent au contentement plus efficacement et sans gaspillage,
Certes, elle inclut l’association et leur réinsertion, mais jamais la dépendance, toujours avec le souci de l’interdépendance au nom des équilibres entre les cycles.
C’est là que le progrès dit « Facebook » et assimilés (vitesse, croissance, puissance…) ne sont plus en phase : il n’y en a pas pour tout le monde, pas que pour la subsistance, pas dans le respect des équilibres, pas dans un cycle complet, pas dans la réinsertion, mais bien dans la dépendance et l’accumulation de ses objets si ce n’est ses déchets… Quelle est donc l’utilité « utile » du réseau social ? Et ne vous méprenez pas, je ne considère pas que le plaisir soit inutile, je respecte trop cette invention sublime de la Nature de faire jouir au moment de la fécondation pour s’assurer que l’on y revienne en ayant supplanté la douleur de la naissance guidés par le cycle et lire des livres moins « sains », quitte à exciter le violeur.

On change quoi ?
Vous l’aurez compris, c’est le décalage des efforts de recherche et d’inventivité entre ceux visant la consommation et le profit d’avec ceux visant l’utilité et la contribution au bonheur qui me pose un réel problème d’éthique. Non pas que la conquête spatiale me soit indécente en soi, mais je ne discerne pas l’utilité objective de son objet maintenant, puisque l’on n’emmènera pas tout le monde ailleurs ! Si le problème est de trouver une seconde Terre à cause des conneries que nous faisons aujourd’hui, arrêtons-les de suite, ce sera plus utile et efficace comme progrès pour contribuer à préserver tout le Vivant. Et si Sapiens prolifère plus que de raison parce qu’il a éliminé tous ses prédateurs, régulons-le, lui, pour ne pas hypothéquer les équilibres que la Nature a installés ! Mais de grâce, par pour payer nos retraites ! Depuis que l’Angleterre à voulu pomper l’eau de ses mines, tout s’est emballé dans tous les sens ou presque, mais surtout sur le confort et les gains qu’ils étaient susceptibles de générer. Globalement ça a marché jusqu’aux profits, mais pas pour tout le monde, pas au même niveau, pas tout le temps, et au prix d’exactions immondes qui perdurent encore aujourd’hui sous le masque pudique d’une différence de « niveau de vie », considérée comme « légitime » puisque admise comme fondement justifiant la mondialisation. Avez-vous vu une différence de niveau de vie entre espèces vivantes ? Entre manchots du sud et pingouins du Nord, entre poissons de l’est et poissons de l’ouest, entre vaches du Tiers monde et les deux autres ? Selon leur couleur de peaux ? C’est ça tes progrès, Bipède ? Alors, je m’indigne avant, parce qu’après je n’aurais que les yeux pour pleurer et qu’à me résigner, si l’Intelligence Artificielle est le progrès de substitution de « l’Homme au travail », dis-moi que tu as prévu une utilité de remplacement pour lui. Parce que sinon, tu es soit un inconscient (en trois mots), ce qui me conforterait un peu compte tenu de ce qui se passe et qui collera toujours à l’IA qui t’obsède (d‘où question ?) ou alors un atomiseur nucléaire à mettre les gens en orbite, qu’il faut rapidement mettre hors d’état de nuire pour crime contre l’humanité puisque tu « désoeuvres » l’espèce (bien qu’il soit déjà trop tard, sans doute, pour endiguer la casse).
Regardes autour de toi ce que l’inutilité génère comme dégâts humains du SDF débranché au fainéant décroché, du chômeur désabusé au handicapé décontenancé, du nanti désenchanté au gavé déconnecté ! L’oisiveté, forcée ou choisie est mère de tous les vices… Alors qui apprend à lire l’IA pour être heureux, comme on a appris à utiliser un couteau pour mieux manger en complétant de ne pas tuer ? Désœuvré est une des conditions de violeur avec obsession !

Oh ! mais, je suis vraiment niais ! Je viens de comprendre : les robots s’occuperont d’eux ce qui justifiera le fait de les avoir conçus et leur avoir greffé l’IA. Évitez leurs, quand même, la jouissance de la fécondation et donc de la conscience de soi, sinon ils seront, à terme, obligés de se refabriquer eux aussi leurs robhommes pour se délester puisqu’on les fabrique à notre image ! Alors qu’on s’est déjà plaint de ça, une fois, avec Dieu qui nous a fait à la sienne !

Progrès, quand tu nous tiens par l’éculé, en es-tu un ?

Gérard Leidinger
Auteur de Clitoyens, prenons en main notre Vivre bien

Posté le 1 mai 2026
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