Billets d'Humeur
Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse
Comment l’arrêter, puisqu’il se prie lui-même ?
C’est fou ce que ce guignol à la choucroute hirsute sur cravate orange peut avoir comme avis sur tout sans être invité à le donner ! C’est fou ce qu’il peut l’imposer au monde comme une sentence divine du bien et du mal, sans même avoir pris la peine de fixer un seuil ! C’est fou de s’y référer pour justifier sans vergogne toutes ses Trumpitreries aussi prolifiques qu’un nid de moustiques tigres tant il pique à la volée ! Pour aller de l’allégorie biblique de Jésus sauvant le monde au commentaire aussi gratuit qu’indécent sur la nomination du Pape qui ne lui plaît pas, ce bipède apparait comme un diplodocus d’arrogance cherchant à remplir tous les écrans de la Terre pour ne pas démentir Dieu soi-même : il est partout. Triviale posture inconvenante pour installer une nouvelle foi dont l’indécence semble vouloir étayer une bêtise moderne : la « crétintée » (à ne pas confondre, bien sûr, mais la sonorité n’est pas fortuite). Il la présente comme des maux à prendre en comprimés bombés, enracinés dans une crétinerie crasse d’un discours si pauvre qu’il sonne le creux d’un tintement de cloche qui n’a rien à dire mais somme à tout va et dont il s’évertue d’anoblir le statut de secte à religion, quitte à constituer sa propre ONU pour la consacrer.
C’est le choc de son élection pas supportée qui nous vaut son état, je l’espère, parce que s’il était comme ça, avant, en plus discret dans nos écrans, c’est de tous ses électeurs qu’il faut avoir peur. La contagion à la crétinerie par la piqûre du moustique est donc foudroyante ! Pauvre Monde, à suivre un prophète crétin, que fais-tu de ta dignité ?
Si la première préoccupation que l’on puisse avoir devant le carnage humain et psychologique que ses exactions entraînent est de savoir quand il va s’arrêter, force est de comprendre et de se rendre à l’évidence que ce n’est pas tout de suite vue sa nature débridée. C’est vrai qu’évoquer la dignité, dans ces cas-là, c’est comme s’inquiéter de la démangeaison d’une mouche sur une jambe de bois, car la foule qui s’en réclame la porte comme un trophée moulu au champ de sa différence populeuse revendiquée. Entendez bien, ici, le côté veule et ordurier de la popularité qui n’a rien de sordide en soi, mais bien en ce que l’on en fait.
Sauf à espérer qu’au prochain passage aux urnes, son copain Saint d’Esprit, dont il ne parle jamais (allez savoir pourquoi ?), ne descende précipitamment lui aussi, rien n’y fera ! Il faudrait qu’il se multiplie à l’image du Père Noël pour nous faire cadeau d’un tsunami de bon sens et de fraternité à la suite des tremblements de guerres inutiles et sottes qui ont assombri les cerveaux piqués ! Mais ce serait une fois encore croire, au Père Noël certes, mais croire quand même, c’est-à-dire s’en remettre à une « chose » présentée comme dépassant nos discernements, sans pour autant en attester ni origine ni fondements comme il l’affirme si pompeusement : personne n’a jamais butté dans un caillou de foi ni heurté le front dans un lampadaire à foi, pas d’avantage entendu quelqu’un se plaindre d’un mal de foi d’en avoir abusé, pas plus de s’en être volontairement privé ! De la fiction pure, de la subjectivité contemplative qui ne vaut que par la conviction intime et le partage virtuel abstrait entre inoculés. Et lui s’y impose et se prie ! Pas de jugement de valeur ou d’irrespect au nom de cette liberté de penser qui vaut pour celle d’y adhérer comme pour celle de dénier, sans culpabilité pour l’un ou pour l’autre, ni suprématie aux Lois des Hommes. Si elle doit l’être, c’est pour après, là où elle s’est promis !
Modifier le cours des circonstances, bien des croyants s‘y sont frottés se réclamant de Dieux aussi divers qu’inspirés, avec une évidence brutale de tous temps, la sainte inefficacité des prières et des sacrifices qui leurs ont été adressés avec ferveur. Je ne miserai donc pas un cierge sur une nouvelle Pentecôte !
Quoi d’autre pour « sauver le Monde » de lui en plagiant son allégorie grand-guignolesque elle-même ? D’accord, c’est un peu moins révérencieux que pape de la crétinté, mais sa posture elle-même, est un péché d’offense à la dimension biblique évoquée qui ne mérite pas plus de considération à critiquer l’autre. Et pour répondre à la question d’y trouver une sortie, il me semble qu’il n’y ait que trois manœuvres à envisager :
1. L’indignation consolidée mais résignée :
Faut-il parler de gloire ou de gloriole pour justifier vouloir lutter contre la résignation de la fatalité ? Rajouter à la frustration de subir l’évènement, celui d’une honte malsaine et fallacieuse éprouvée par celle de devoir laisser paraître son impuissance, tient plus de la même vanité de notre guignol dans son miroir que de la raison des victimes que l’on console au mieux en attendant le retour du balancier. Il est vrai que s’indigner est une salutaire attitude, mais l’histoire, encore elle, nous enseigne qu’il est une heure pour le faire efficacement. La meilleure, c’est avant, pas après : Qui a élu ce bouffon de Trump ? Qui a préféré l’illuminé d’Ayatollah au Shah ? Qui a donné à Netanyahou la surdose de vengeance ? Qui a donné les clés au sournois Poutine ? Qui a, pendant le déséquilibre, mis à profit son discernement pour construire l’après, plutôt que de croire aveuglés que l’eau sera meilleure sans l’avoir mesuré qu’au doigt mouillé ? Comment choisir dans ce monde, surtout si la foi, au doigt mouillé, fait sa loi ? L’indignation donne le sentiment de rester vivant, mais à ce moment-là, les circonstances ne dictent qu’une instruction : se résigner en observant pour la prochaine fois.
Tiens, ça ne me dit rien qui vaille pour 2027 !
2. L’artillerie lourde pour lui damer le pion :
Allez, on sort notre artillerie, on se drape de notre plus belle conviction et se ceint de la plus convaincante légitimité pour se lancer dans la bataille. D’ailleurs, il n’y a que la force pour dominer la force ! La guerre psychologique de la massue si chère à l’envahisseur d’Astérix ! Riche idée : du panache et de la morale ! Mais, il n’a jamais été besoin d’un seul gramme ni de panache ni de morale dans le Vivant, pour que le moindre déséquilibre nécessite un conflit armé pour le retrouver, sauf, bien entendu, avec cet idiot de Bipède. Lui, tout au long de son Évolution, n’a fait que cela, à tours de bras et avec panache usurpé en drapeau pour toujours finir entre les jambes et la morale arrangée au fourreau d’une épée ou d’une croix pour toujours finir vautrée dans les exactions sordides du vainqueur. Veule ! Alors, comme le guignol que l’on dénonce ici, on va rajouter de la bêtise à la bêtise, pour ne pas faire mentir l’histoire ? Constater des perdants dans tous les camps, oui, mais jamais une clé pour ouvrir une victoire de la raison, ce qui n’a toujours laissé que des graines de revanche ! Non, le balancier, va revenir, nécessairement, même à attendre et mourir un peu, vaudra toujours mieux que sûrement pour rien. Comment empêcher qu’ils ne reviennent ? Climat, IA, démographie, …
3. La patience active sur les circonstances :
Difficile et particulièrement frustrant de s’imposer la patience et bouillir dans son coin, indignés mais impuissants, à compter le nombre de bombes et d’innocentes vies brisées. Mais, comme souvent, quand les déséquilibres sont prononcés, le temps est la plus sage des postures à adopter. Demandez aux sinistrés des inondations, la crue contient sa décrue : au problème même de son envahissement, ne rajoutez pas celui de l’impatience, car selon la sagesse de Marc Aurèle, il ne sert à rien de s’agiter sur ce sur quoi vous n‘avez pas d’emprise. En l’état, sur la patience si, en préparant l’après et en cherchant à comprendre le pourquoi ? Piètre consolation, j’en conviens, bien délicate en plus à canaliser au travers de la désespérante absurdité qui y condamne et de l’irréparable fissure qui chamboule tous les repères jusqu’à faire de soi un autre toi. Il n’est pas besoin de foi pour apprécier la loi de la Nature : tout, partout, tout le temps, avec le temps, tend à l’équilibre et y revient. Si ! La force de la patience est là ! C’est de cela dont il est clé, patience après et indignation avant !
A ce sujet, il est illusoire de penser qu’en gardant les mêmes mécanismes pour conduire les peuples que ceux qui ont servis à nous donner ce guignol-là, on peut changer la donne. Il est tout aussi illusoire de penser qu’en gardant les mêmes mécanismes qui ont conduit Sapiens à se doter d’une si docile et inconsistante incapacité à respecter les quelques élémentaires lois dont la Nature s’est dotée pour conduire son Évolution, on puisse espérer qu’il y a mieux à venir !
Ça m’en remet une couche de rien qui vaille pour 2027, puisqu’il n’y a, encore une fois, que les mots qui varient, pas les méthodes ! Et les maux à prendre en compromis …
Rompre avec les péchés d’orgueil de faire mieux que la Nature est la seule échappatoire au mur dans lequel on va se cogner au bout de notre impasse, de s’être, en plus, affranchis de tous prédateurs.
– Quel est le sinistre abruti qui a écrit le verset 1-28 de la Genèse ?
– Pire, mais pourquoi tant de gens croient-ils qu’il ait raison ?
– Parce que ça flatte leur égo !
– Mais c’est juste faire de la mousse pour gonfler les melons !
– Oui, mais c’est tout ce que le cerveau sait faire depuis qu’il est né !
Et quand je pense que l’on pense que l’IA qui n’en a pas, va nous régler ça !
Gérard Leidinger
Auteur de Clitoyens, prenons en main notre Vivre Bien