Billets d'Humeur
Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse
Face à l’Épidémie d’indignités, à quand le Vaccin ou lieu des Punitions ?
Derrière l’amour, il y a,
Toute une chaîne de pourquoi…
chantait Johnny en criant ardemment Donne-moi, donne-moi ton corps… Nous avons lutté depuis la nuit des temps, avec la même ardeur mais en plus au prix de nombreuses vies, pour obtenir, collectivement, la Liberté : celle à laquelle on aspire quand on en est privé, celle à laquelle on ne pense plus quand on en est doté, jusqu’à celle de laquelle on se prévaut quand on a franchi la ligne où commence celle de l’autre pour nous justifier ! Les temps qui s’effilochent et nos mœurs qui s’y débrident à entendre les « actualités », portés par des outils pour s’en griser jusqu’à pouvoir s’en vanter, semblent ne plus devoir nous faire accepter qu’elle soit contrainte, c’est à dire, qu’elle porte en soi des limites au grand damne de ceux qui la bafouent. Liberté, Donne-moi, donne-moi ton infinité… colportent les faits divers à longueur d’outrances, d’aberrations, de monstruosités, d’ignominies, d’indignités. Il m’apparait comme indispensable de détourner et de répondre à la chanson de Johnny :
Derrière la liberté, il y a quoi ?
Derrière ce grand rideau noir de tes appâts, il y a,
Toute une chaîne de pourquoi,
Pour traiter ce qui ne va pas…
Pourquoi l’intransigeance des opinions ?
Alors, donc, le rapport est accablant. Des manquements graves, des approximations, des erreurs… Les sanctions tombent (tiens, là, on est expéditif !), et contrairement aux procédures et aux droits, les « coupables » (les chargés d’application) ne sont pas inculpés pour non-assistance à personne en danger, voire pour complicité d’homicide par négligence et ne font pas l’objet des poursuites procédurières ? Pourquoi ? Vous l’avez compris, cette affaire me pèse, parce qu’après cette mascarade de justice cherchant à se justifier et ce faux semblant de société se réduisant aux moyens sans accepter les conséquences des renoncements dans ses choix, on n’aura toujours pas traité le problème de fond : nos mœurs qui se délitent comme une épidémie d‘indignités qui enfle. Qui remonte la chaîne des pourquoi ?
Pourquoi en 2026, avec la culture et l’instruction popularisées, les lois, les exigences et les outils démultipliés, l’éducation jusqu’à être déléguée et le poids de l’Opinion si prompt à s’indigner, on doive admettre qu’on ne puisse empêcher des pédocriminels de sévir, des pères incestueux de détruire leurs enfants, nos mœurs de se débrider inexorablement ? Au nom de cette illusion de liberté trompeuse et lâche qui se noie dans nos cerveaux en pensées illimitées et projections décomplexées, entre l’invraisemblable et l’utopique sans aucune retenue, sans aucune licence ! Si dense et si aisée, qu’il n’y a qu’un pas sans exigence pour passer à la réalité, augmentée par internet et dédramatisée par le foisonnement, si bien que comme au milieu de la foule en colère, l’indécence et l’irrespect prennent leurs aises et leurs libertés au nom des autres et de la légitimité qu’ils décernent par procuration tacite et drapée d’indifférence : Liberté de monter sur le toit de la voiture et d’en exploser le pare-brise ! Liberté de sniffer le gaz hilarant pour déjouer les lois de la gravité au volant d’une voiture conduite comme dans l’internet en silicium mais sur l’internet en bitume, en menaçant, là, les autres qui n’ont même pas demandé à jouer ! Liberté de se vautrer dans la surenchère de chair fraiche en photos pédophiles jusqu’à ne plus pouvoir s‘en contenter et de passer d’internet au silicium à l’internet en chair et en os des cours d’écoles en prenant ses aises et ses libertés déviées au nom des autres branchés et des sites impunément dédiés, décernant par procurations tacites et drapées de leur masse, la « légitimité » de tout irrespect !
Et les témoignages pleuvent depuis que la politique et l’opinion en font une histoire de surenchère honteuse et sordide servie par une information friande de glauque pour l’émotion et l’indignation qu’elle « cultive » comme une rivière en crue, mais d’horreurs et de nausées !
J’ai du mal à me résoudre à suivre l’opinion « politisée » et « expéditive » qui a besoin d’un coupable aussi vraisemblable que pratique mais de suite, d’autant qu’il est marqué par les temps qui s’effilochent et les décences qui se détricotent en un amalgame crédible et consensuel : le manque de moyens et donc la fatalité de ne rien pouvoir y faire, débordés. Comme si lors des crues, on s’empressait d’augmenter les lits de rivières, pour leur donner plus de moyens d’absorber les délits ! De fait, même en ne l’acceptant pas aussi clairement, force est de reconnaître que l’on s’y retrouve tous un peu et que, d’une certaine façon, la collectivité est ainsi impliquée (c’est plus facile qu’un « défaillant coupable » surtout quand on désigne l’État, encore plus commode en soi puisque coupable de tout par principe pour l’opinion) : le casseur de voitures dans la foule, l’alcoolique drogué au volant, le pédophile noyé dans ses photos, le pédocriminel noyé dans internet ! Et les moyens vont tout régler : continuer à en mettre et creuser la dette ou faire le gros dos, taxer un peu plus pour suivre ce dont il est besoin en expansion, suivre donc la même voie en oubliant les illimitations de la liberté de devenir vrais coupables délinquants. Plus de magistrats (rivières plus larges) donc moins de pédocriminels (crues) !
Je n’en suis pas !
Pourquoi ne pas admettre que la liberté a des limites ?
250 000 accidents corporels dont 18 034 morts en 1975 pour quelques millions de conducteurs. A ce moment-là, sauf quelques sinistres « politisés » de mauvaise foi, personne ne s’est écrié « il n’y a pas assez de gendarmes ni de moyens ! » : un gendarme derrière chaque conducteur ! Non. Mais là, on a suivi Johnny en répondant à la chaîne des pourquoi les accidents ?
– La protection des passagers : l’absorption des chocs par les véhicules, l’airbag et la ceinture de sécurité des passagers avant à l’arrière ; les sièges pour bébés et les enfants.
– Les améliorations du réseau routier aux points les plus dangereux et il reste encore à faire.
– L’abaissement du taux d’alcool et les campagnes de sensibilisation massives.
– Les radars (vomis comme pompe à fric !) aux points sensibles et plus généralisés.
Résultats : 52380 accidents corporels en 2024 dont (plus que) 3167 morts !
Bien sûr, c’est encore trop, mais ce n’est pas en rajoutant des gendarmes que l’on a progressé. Ce n’est qu’en n’acceptant pas l’illimitation de liberté des conducteurs que nous l’avons fait, et nous ne progresserons encore qu’en répondant à : pourquoi l’indiscipline et l’irrespect au nom de cette sordide liberté : la vitesse, les codes, l’alcool, la drogue, la griserie de l’illimitation !
Si c’est inacceptable, ça l’est !
J’ai la faiblesse de penser que cela commence par le piéton qui traverse la route au feu quand le bonhomme est rouge. Ce n’est pas l’expression de sa liberté mais de son irrespect, justement, voire de sa bêtise. Ce comportement est issu du même pourquoi le casseur sur le toit de la voiture : un glissement vers une forme de légitimité tolérée par les autres ! Qui nous empêche, nous les « spectateurs », de lui manifester notre désaccord et de lui faire la honte du mauvais exemple qu’il donne à nos enfants ! Rien, sauf notre lâcheté ou notre « tolérance » … remplacez ici, légitimité par permissivité tacite collective. Je me souviens qu’en Suisse, pressé par une envie débordante, mon beau-père se glisse, derrière un fourré du jardin public au bord du lac, pour se soulager. Interpelé par le gardien qui lui demande pourquoi il n’a pas utilisé les commodités prévues à cet effet ? Il s’est senti bien embarrassé et s’est vu infligé une amende. En réalité il avait été « dénoncé » par une dame âgée outrée par son comportement incivil ! La culture du respect influe le comportement collectif des Suisses. Nous, Français « bien-pensants » irrésolus, nous y voyons l’indécente « dénonciation » mais pas la subtilité du gardien qui n’a pas eu besoin de s’y référer ! Résultats ?
Nous allons à la dérive d’humanité à vouloir considérer la liberté à tout prix, ce qui est louable et moral en soi, mais pour tous ceux qui y adhèrent et la respectent. Pour les autres, ceux qui se nourrissent d’irrespect et d‘incivilité, ce n’est pas de morale dont il est besoin, mais de reformatage plus musclé que moralisateur, car il ne vaudrait que l’image d’une leçon. Il me semble, qu’au même titre que pour un emploi, l’expérience y est requise. Pour réapprendre viscéralement le respect, c’est par un programme « vécu » et « ressenti » par les tripes que le comportement sera corrigé pour ceux qui montreront l’avoir compris. Pour les autres, certes, la peine de mort n’a jamais dissuadé de se mettre hors la loi, mais l’emprisonnement non plus au nombre de locataires qui s’y précipitent. Monsieur Badinter, on remplace la prison par quoi ? Au fait vous avez remplacé la peine de mort par quoi ? Qu’est-ce que je dis aux parents de Lyhana : on augmente le nombre de procureurs ?
Voilà la chaîne des pourquoi de « ma « décrue » d’irrespects.
– Quand on remonte la chaîne des pourquoi, il y a bien des options et des choix !
– Quand on apprend qu’une agence américaine avait pointé du doigt le mis en cause, on se dit qu’il y a bien des soucis à se faire en restant coincés sur nos principes en l’état de nos mœurs !
– Quand on remonte la chaîne des pourquoi, on peut toucher du doigt que l’émoi n’est qu’indignation et que l’indignation n’est qu’atermoiement, mais pas agissement !
– Quand on met en prison (ou que l’on guillotine), on ne dissuade pas de commettre des délits, on punit, (agit) mais le mal est fait !
A l’heure des sorties du bois pour les présidentielles, pas un n’a eu la décence de la chaîne des pourquoi. Rien que des indignations de langue de bois !
Peuple Français et Monsieur le politique, nous avons une épidémie d’indignités de mœurs. A quand donc le vaccin contre l’illimitation de liberté au lieu de la punition d’en avoir abusé ?
Gérard Leidinger
Auteur de Clitoyens, prenons en main notre Vivre bien