Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Pudding politique, machine à abstention…

Pour la préparation des fêtes de Noël que représente l’élection présidentielle pour la Politique, les vitrines des grands magasins du MEDEF ont dévoilé les santons candidats déclarés pour entendre leurs propositions attendues comme réponses aux préoccupations de dirigeants que sont les siens. Mais le pudding électoral déclamé comme des listes de courses pour que chacun puisse y composer son plat, n’a jamais mis en perspective un menu visionnaire ciblé sur la confiance qui puisse répondre aux mutations du monde que l’on entend gémir. On y a entendu des suicidaires « on a toujours fait comme ça » qui ont tué tant d’entreprises et des soupes réchauffées saupoudrées d’épices artificielles intelligentes dont on attend le mieux sans savoir en qualifier l’apport, mais toujours maçonnés sur les vieux fondements déstabilisés auxquels d‘aucun, fiévreux, n’osait toucher : rien qui donne un cap, rien qui projette une vision. Aucun n’a eu le courage de dire que notre modèle social est intenable en l’état quand il n’a pas été posé comme un socle indiscutable par d’autres, que le capitalisme en soi n’est pas la cause du changement climatique mais que l’industrialisation redevenait une priorité sans la conditionner à l’élimination de ses méfaits environnementaux, que le devenir du travail ne prépare pas une révolution de la justice sociale mais une exigence nouvelle et ses méfaits que l’assistanat ne pourra pas compenser faute d’échelle mesurable de la valeur de la tâche, que l’incertitude politique ne résorbera pas les clivages idéologiques stériles et nuisibles, assis sur des croyances irrésolues et sectaires qui laissent au Marché le choix de ses intérêts pour décider de notre devenir faute d’une élémentaire convergence des consciences.


Des projets caricaturaux par défaut !
Nous avons eu droit à des listes de courses, disais-je, dont je me suis donné la peine d‘en tirer les cinq probables et de les caricaturer outrageusement en m’appuyant sur les procès que la litanie des commentaires émis selon qu’ils étaient favorables ou hostiles à la doctrine, ont laissé échapper dans une écume aussi sectaire que féroce, ne laissant à personne l’illusion d’une majorité possible en levant les a priori au profit d’un improbable intérêt collectif pourtant évident : le vivre bien de tous.

Nous avons donc cru pouvoir deviner la projection successive :
– D’un projet de citoyens dépendants de l’État, où l’on prend aux plus aisés tout ce qui dépasse un seuil fixé comme celui opposable à une justice sociale par les dirigeants élus pour donner à ceux qui ne l’atteignent pas, sans proposer le système de renouvellement du mécanisme pour le faire perdurer.
– D’un projet de citoyens captifs d’une idéologie écologique assujettie à l’installation d’une justice sociale où l’on demande aux plus aisés de renoncer à ce qui nuit à l’environnement alors que les autres y aspirent aussi, mais à quoi ils n’accéderont plus sans aucune alternative améliorant leur situation, au contraire, en les privant même d’espérer.
– D’un projet sélectif de citoyens autochtones qui promet de financer les déséquilibres sociaux en redirigeant les flux financiers destinés à l’immigration et à l’Europe vers les Français de « souche » dans le cadre d’un repli sur soi assumé mais impossible à tenir, puisque vivant sur la même planète.
– D’un projet de citoyens solidaires mais clivés qui vise une cohésion sociale qui cherche toujours ses fondements en voulant indéfiniment installer une imposition, embarrassant ceux qui produisent les mécanismes nécessaires au développement collectif, pour compenser les déséquilibres générés par leurs irrésolutions structurelles et leurs priorités hypothéquées.
– Un projet de citoyens voraces qui encourage l’ambition individuelle comme une contribution asservie à l‘implacable loi du Marché pour laquelle la valeur humaine ne vaut que pour celle de la contribution qu’elle est capable d’apporter à l’économie et aux profits sans se préoccuper de savoir si, tous, peuvent en vivre décemment ou pas.

Référendum palliatif pour économiser les frais de campagne
Volontairement présentés d’une façon caricaturale et cynique pour à la fois décrire les procès potentiels qu’ils contiennent tous et l’absurdité des cloisonnements qu’ils préconisent en prétendant péremptoirement qu’ils sont respectivement les seuls à représenter ce que le peuple attend, j’invite, justement, les peuples captifs respectifs des projets à un référendum préélectoral, démontrant « évidemment », par son irrésolution qu’aucun ne peut convaincre les clans concurrents, non pas du fait de leur inconsistance, mais simplement par leur fondement même, sectaire et arbitraire. Qui veut vraiment l’un de ces projets de société clivants ?

Sans une réelle et structurelle reconsidération à partir d’une échelle de criticité organique (vital) et non pas morale, il n’est aucune chance que la prochaine présidentielle n’aboutisse à autre chose que la situation actuelle que la dissolution, déjà latente, a précipitée. Le grand oral des prétendants aux journées du Medef est explicite à ce sujet comme la litanie des commentaires, emportée par les émotions d’espoirs ou de rejets et leurs a priori réducteurs irréconciliables. Aucun d’eux n’a pris la peine de prendre en compte les aspirations des camps de leurs compétiteurs pour enrichir les siens, moins encore de leurs motivations profondes pour ouvrir les champs des possibles sur une vision convergente souhaitable.

A l’image de ces peuples captifs et dédiés, pareillement pleutres et médiocres de se laisser mener à la déchirure et à l’inévitable déception pour les ¾ qui n’auront pas soutenu les élus, il n’est personne pour tendre la main de l’intérêt collectif disparate et réclamer autre chose que sa vérité prétentieuse !

Prenons un exemple concret du champ des possibles : la matrice urgent/important. Dans l’entreprise la priorité d’action est le Non-Urgent/Important. Et dans ces listes de courses politiques récitées depuis la vitrine, l’écologie n’est pas un parti comme prétendu, mais un champ d’action commun à chacun d’eux en priorité NU/I : réindustrialiser à l’identique « polluant » n’est pas compatible à un avenir commun serein…

Sans ajustement des faits soulignés, au prochain Noël Politique, vue la vitrine, la machinerie électorale va produire beaucoup de santons abstentionnistes affranchis de leur parti, mais lucides !

Gérard Leidinger
Auteur de Clitoyens, prenons en main notre Vivre bien

Posté le 31 août 2026
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