Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

l’à peu près du jour d’après

Il n’était l’heure de rien d’autre que de prendre soin de vous et de respecter les consignes en restant chez soi ? Il n’est toujours l’heure de rien d’autre pour ceux qui ne seraient pas informés ou pas assez.
Mais, comme le temps qui nous est donné, nous mène souvent à la réflexion à nous lire sur les réseaux sociaux, il est peut-être à la mise en perspective de soi et de ce qu’il peut advenir de nous, même si elle peut être spéculative parce que trop précoce et trop incomplète.

pourquoi ?
D’aucun nous promettent que le monde ne sera plus tout à fait comme avant, après. Au-delà des choses personnelles posées avec sincérité et humilité, il est, par contre, très navrant de lire et d’entendre le buzz du bien-pensant aussi hétéroclite qu’hystérique, quand il n’est pas inspiré de sottises infondées ou expiré de fondements aussi stupides que malintentionnés. A croire que le temps est effectivement à la réflexion, mais celle d’une sinistre lumière à idées de celui qui veut l’attirer à soi, et qui se réfléchit sur le lustre astiqué de la toile en érection. Déprimant. Comme ces deux inconscients filmés dans les rues de Perpignan à braver leur propre désœuvrement quand il ne s’agit pas d’affubler leur désespérance d’une fierté artificielle en bravant le confinement ou cet irresponsable « criminel » pour mise en danger d’autrui qui justifie au péage, son déplacement depuis Paris pour Arcachon pour aller rendre visite à ses parents avec son VTT dans la voiture ou, pire, ceux qui font la fête un soir de blues pour tromper leur ennui si ce n’est d’ennuyer les urgences un peu plus tard pour s’être trompés de masque en choisissant un loup !

à peu près
Et vous allez me faire croire que les choses ne seront plus comme avant, le jour d’après ! Que chacun de nous, sur le chemin de la mise en perspective de soi, va trouver les moyens de ne pas céder à la tentation du shopping si bon pour le moral, de changer de fièvre du samedi soir pour une bonne vieille fièvre acheteuse du dernier IPhone parce que les touches du Samsung ont traversé l’écran à force de confiner les textos désœuvrés avec frénésie. Croire ou incendier les promesses de jours meilleurs où tout redeviendra comme avant mieux ? Rappelez-vous qu’il était bon de pester contre le gouvernement qui ne nous dit pas tout et de poursuivre encore pendant pour ne pas perdre la main pour après, de fustiger les nantis confinés dans leur piscine en criant à l’injustice parce qu’après vous aurez la vôtre, de caillasser les pompiers sur un feu de poubelles parce qu’après les feux seront confinés dans les casernes, de bloquer les rond points en gilet jaune parce qu’après on aura fait le point et que plus personne n’aura besoin de s’affubler d’un jaune cocu parce qu’il aura changé ses appétits, ou de battre le pavé pour contrer des réformes de retraites puisqu’après les retraites seront confinées dans la réforme qui n’aurait de sens, finalement, que si le système revit comme avant. Et il en est pour croire que le monde va changer ! BMW et Audi poussent pour relancer la fabrication des voitures dont les ventes leur manquent tant, Trump qui demande aux Etats qu’il a perdu aux dernières élections de se révolter contre le confinement qui a généré 22 millions de chômeurs et plus encore de précarité pour des solidarités qu’ils n’ont pas là-bas, tous ces touristes dépités en mal d’évasions à qui l’on promet des escapades après un peu de patience le temps de refaire les pleins de kérozène et de relancer les cuisines avec les gestes barrières, et ce gougnafier qui annonce qu’il va falloir travailler plus pour rattraper le temps perdu comme pour bien montrer que lui n’a rien compris ou qu’il n’est pas encore dans l’ère de ne plus avoir l’air que l’on nous dépeint comme différent ! Pour ne citer que les signes les plus criant de ce monde qui ne sera plus comme avant ou à peu près, après !

et après
Garderons-nous cette fierté et cette reconnaissance au monde qui nous soigne et se dévoue ? Garderons-nous cette humilité citoyenne de la plupart devant l’adversité si brutale et si égalitaire pour de vrai ? Garderons-nous cette conscience de l’inconfort et de l’incertitude qui est venue en quelque semaines remplacer notre appétit d’insouciance et notre soif de confort ? Nous sommes ce conducteur qui croise un accident de voiture spectaculaire avec pompiers, gyrophares et ralentissement : il lève le pied juste après, alerté. Mais le temps de comprendre ce qui s’est passé et de se ressaisir, il reprend sa route normalement quelques kilomètres plus loin. Comme si de rien n’était. A l’image de ce conducteur, je pense que nous reprendrons la nôtre tout aussi normalement. Comme si de rien n’était.
Pour peu que tous ces chercheurs nous trouvent cet inévitable vaccin, qu’est-ce qui remplacera la peur de la contagion ou plus et la nécessité de préserver la capacité d’accueil des hôpitaux qui nous ont fait accepter le confinement ? Qu’est ce qui fera que nous aurons besoin de nous inventer un monde différent pour le jour d’après ?
De la conscience de soi ?
Permettez-moi d’en douter, nous n’avons pas changé grand-chose devant l’urgence de l’état de la Planète alors que nous aurions dû avoir peur de la pollution et de préserver la capacité d’accueil de nos déchets en confinant nos envies de paraître. Alors ?

le disciple
– que signifie réellement « une croyance », Maître ?
– c’est une convention que l’on partage pour accepter le sens qu’elle donne aux pensées et aux actes, Disciple !
– mais alors s’il en est convenu, pourquoi tant de transgressions, Maître ?
– parce que chacun accepte le sens tant qu’il sert celui que lui, lui a donné, Disciple ?

Gérard Leidinger

Posté le 20 avril 2020
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