Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Comme un Parachute, le Cerveau fonctionne mieux Ouvert

dit Frank Zappa, dit-on ! Assez tergiversé, assez dégradé, assez de bling-bling, assez de chamalow, il va falloir nous remettre au travail, les enfants ! Aucun ménage, et vous souffrez assez pour le savoir, ne peut vivre durablement avec un endettement supérieur à 33% ! A 100% comme l’Etat, comment peut-il en être autrement ? Alors à situation difficile, du courage au lieu du déni, du réalisme au lieu de promesses hasardeuses, du pragmatisme du terroir au lieu du manichéisme du pouvoir ! Français, c’est François Fillon qui francise à grands renforts de mots francs et forts. Alors ?

En rappelant notre histoire, Clovis, Colbert, – vous y rajoutez tous les noms des fondateurs que vous voulez selon vos courants – on consolide avec un seul dénominateur commun en identifiant les apports respectifs : l’intérêt supérieur de la Nation, quelle que soit l’image que l’on a d’elle.
C’est de cet amalgame que l’on doit extraire aujourd’hui le sens qui doit nous lier pour en donner un à demain, en mélangeant ce qu’il est, quel que soit notre point de vue, avec celui du monde nouveau que l’on entend déjà respirer. Ni de tout remplacer, ni de tout conserver, en un mot s’adapter, s’enrichir pour vraiment positiver, comme n’ont pas su le faire les dinosaures, il y a quelques temps.

Les indécences
Ce qui signifie qu’au premier chef, il n’est ni raisonnable ni décent de continuer à creuser la dette que nos enfants auront à payer. Nous avons gâché les périodes fastes, sans scrupule, honte à nous de ne pas dire stop et de ne pas agir en conséquence. Ce qui signifie, accepter le fait, intimement, avec toutes les désillusions que l’on ne veut pas vraiment affronter. Un acquis est un acquis, arc-boutent les uns alors qu’ils oublient que rien n’est immuable dans la Nature. Rien. Et ne serait-ce que pour se maintenir, il est besoin de faire un effort. Que dire pour progresser. Demandez à votre balance, si vous avez le moindre doute.

En second lieu, il n’est ni raisonnable ni décent, de vouloir continuer à croire que notre vie meilleure sera la somme des meilleurs de chacun : alors pourquoi continuer à penser en privilèges au lieu de penser contributions ? Tout le monde ou presque – en économie de marché au moins- s’accorde à penser que ce sont les entreprises qui créent les emplois. De même, que c’est l’emploi qui donne la capacité d’exister, plus ou moins bien en fonction de la valeur plus ou moins juste de l’échange contributeur du savoir-faire à la subsistance de l’Entreprise : alors pourquoi vouloir continuer à penser rigidités d’hier alors qu’il est besoin de flexibilités pour demain. Ceci est vrai pour l’Entreprise Etat, en faillite structurelle, impensable pour l’Entreprise privée ! Et malgré cela, le mille feuille ne pense qu’à grossir et, le pire, à vie. Nombreuses sont les Entreprises qui repensent leur organisation sous la pression du Marché, de la concurrence et des prix. Pour cela, elles se posent une question simple : « de quoi a-t-on besoin pour faire quoi ? ». En acceptant que la façon de faire aujourd’hui n’en est qu’une et que, peut-être, il en est une autre, moins gourmande, moins pénible, moins aléatoire. Et vous, fonctionnaires, a-t-on ne serait-ce que le droit de vous demander pourquoi à chaque formulaire nous sommes obligés de réécrire toute notre identité alors que vos ordinateurs connaissent déjà tout de nous ? Administration faut-il te mettre en concurrence pour que tu nous considères comme des Clients et non comme des repris de justice corvéables?

Enfin, il n’est ni raisonnable ni décent, de vouloir continuer à faire perdurer un système où les valeurs de références et leurs acceptations sont des auberges espagnoles où chacun trouve selon ses orientations et concepts politiques « tout et son contraire » comme dirait Philippe Vandel sur France Info, pour se justifier d’un parti pris. Doit-on comprendre que l’apanage du social est une exclusivité spécifique d’un bord politique alors que l’autre n’est capable d’aucune compassion ? Doit-on faire perdurer dans les esprits que le Riche est coupable de l’être et, qu’à ce titre, il est normal qu’il n’ait que des devoirs « ponctionables » envers les autres et qu’au contraire, le Pauvre est victime de l’être et qu’à ce titre il est normal qu’il n’ait que des dus « recevables »? Pour les donneurs de leçons de valeurs, qu’elle est le sens donné à la Justice dans ces dualités?
Est-il est tout aussi salutaire de continuer à penser que la solidarité se résout à l’assistanat et qu’il est statutairement lui-même exempt de toutes contributions ? Il était un temps où le Respect contenait en son sein une certaine dose de fierté, celle avec laquelle d’après Maslow on s’invite à progresser pour être meilleur que soi-même. France, qu’en as-tu fait? Il était un temps, et il semblerait qu’il ne soit pas encore révolu pour le plus grand nombre, où le fait d’avoir un travail, même pénible, de surcroît, voire parce qu’il l’était, donnait au salarié une fierté d’appartenance, de repère, de légitimité celle que l’on raconte à ses enfants, pour donner en quelque sorte une image, un exemple, pourquoi pas. France, dis-moi : chômeur, est-ce devenu un métier ? Mais on y fait quoi comme travail pour pouvoir en être fier et le dire à ses enfants ? A l’heure où l’on sait envoyer des spationautes dans l’espace et les faire revenir, comment accepter encore qu’un travail puisse être pénible ?
Il est donc indispensable pour oser imaginer que quelque chose soit possible et pour améliorer notre futur, de donner aux valeurs de références les sens aussi opérationnels que celui qu’il y a dans le mot cuillère. En le prononçant, tout le monde visualise ce qu’il signifie, n’est-ce pas, et de la même façon ? Mais en est-il de même pour social, capital social, libéral, démocrate, progressiste, gaulliste, Verts, et autres auberges espagnoles mises sur la voie publique ? Imaginez votre enfant vous poser la question :
– Dis papa, c’est quoi la responsabilité ?
Après un court instant de surprise, voire d’embarras, vous lâchez un :
– Demande à ta mère.

Un champ des possibles
Toutefois, à constater la facilité avec laquelle le plus grand nombre de toute culture et/ou niveau scolaire, s’approprie tous les nouveaux mots et/ou mécanismes de son téléphone portable dernier cri, même anglicisants, « tout est dans le Cloud », disait la Pub, il est raisonnable de penser qu’avec un minimum de pédagogie adaptée et partagée, un tronc commun des concepts qui expliquent ces valeurs-auberges espagnoles, soit constructible. Encore faut-il que l’objectivité y soit structurelle pour créer un consensus capitalisé et que l’ignorance ou le croire-savoir ne soit pas entretenus.

Il est facile de concevoir un petit graphique qui, de façon très rudimentaire, explique en quelques traits identifiés, les enjeux du capitaliste qui parit sur l’entreprise au lieu du placement à la banque au risque de tout perdre parce que rien n’est immuable dans la nature. Au fait, où est-ce enseigné à l’école ? Au risque d’être désobligeant, le constat est sans équivoque vu le nombre d’approximations que l’on observe dans les réponses à la question posée dans les séminaires de formation en management de l’Excellence que l’on peut dispenser. Pourquoi n’est-ce pas un fondamental comme l’histoire et les mathématiques, puisque, plus tard, en qualité de citoyen, de contribuable, de créancier, d’électeur, c’est avec ces concepts que l’on sera amené à se déterminer ? France, Education Nationale, penserais-tu à faire quelques efforts d’adaptation toi aussi ? Comment peux-tu expliquer qu’il ne s’agisse que d’un problème d’effectif pour améliorer l’efficience de ton enseignement ?
Le discours de la Méthode ne vaut que pour ceux qui le comprennent ou qui font l’effort de le faire, mais à l’heure où tout est prémâché pour être mangé sans attention à l’image d’un tweet, c’est d’éducation dont il est question, pas de cachets d’aspirine ou de Xanax ! Peut-on se résoudre à une minute d’attention pour limiter son explication à cette barre fatidique des soixante secondes avant l’impatience ? Qu’advient-il donc de la confusion qui en découle pour avoir préféré le risque d’être incomplet à celui d’être ennuyeux ? Sérieusement.
Au travers de ces lignes, le pari gonflé du « fillot » François Fillon, comme dirait amicalement Monseigneur de Montmirail dans les Visiteurs, devrait trouver quelques pistes pour limiter le risque de rejet auquel la Vérité brutale des chiffres l’expose. Et voilà le mot lâché : tout changement génère instantanément et naturellement une crispation qui se cristallise en trois étapes :
– D’abord la peur, simple, dira-t-on, de l’inconnu : qu’advient-il de nous si on change? La réponse est dans l’information factuelle, obsessionnelle et omniprésente.
– Puis du débit, automatique, parce que formatés comme cela, dès qu’il y a changement, on projette tout ce qui va nous être enlevé. Et en persistant dans cette logique, il n’est qu’une issue, le refus puis la rupture. La réponse est dans le crédit, clairement, la réponse à la question qu’est-ce que cela me rapporte ? Si le crédit n’est pas plus important que le débit, point de changement.
– Enfin la solitude, tout aussi spontanée, le repli sur soi : comme si le changement n’impactait que moi. Et pour cause, dans le cycle infernal des débits, c’est bien des miens dont il est question ! La réponse est dans le collectif, état d’esprit bien peu français au demeurant, c’est-à-dire, démontrer comment tout le monde est concerné et « bénéficiaire » sous réserve, bien entendu, que ces bénéfices soient perçus parce que les valeurs auxquelles ils se réfèrent sont partagées. CQFD.
Gonflé le « fillot », disais-je, on l’aura compris, la tâche est immense, bien que proportionnelle aux enjeux ou aux déséquilibres. Le pire, de mon point de vue, c’est que cette lecture transversale est même apolitique, « trans-politique » devrais-je dire, puisque tous les postulants de tous les bords seront, au final, confrontés aux mêmes défis sur les mêmes constats avec les mêmes clés. La nuance sourde, c’est qu’en étant un peu moins naïfs avec l’appropriation du sens opérationnel des valeurs, bien des électeurs auront choisi raisonnablement et non plus doctrinalement.
C’est le chemin de mille lieues qui commence par un pas, disait Lao Tseu. C’est donc par-là, d’après-toi, le « fillot » ? Et vous, Manu, Arnaud, Emmanuel, et les autres, qu’en dites-vous ?

– Mais comment attrape-t-on des habitudes, Maître ?
– En répétant les gestes et les routines qui te donnent satisfaction, Disciple !
– Mais alors comment changer d’habitudes, Maître ?
– Essaies de manger un potage avec tes baguettes, Disciple !

Gérard Leidinger

Posté le 19 décembre 2016
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