Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Sommes-nous encore Capables de Confiance ?

Loin de moi de vouloir prendre, ici, tribune politique, c’est aux dirigeants, salariés, entrepreneurs et postulants à diriger leur vie personnelle en toute liberté, que la réflexion que je voudrais partager, s’adresse : bousculés dans le clivage habituel hérité de la révolution entre l’aristocratie siégeant à droite et le Tiers Etat à gauche, pendant que le Clergé évanoui se tenait au centre de l’Hémicycle, pourquoi sommes-nous bien embarrassés à nous déterminer pour demain au second tour ? Discrédit ou perte de confiance ?

sournoises dérives
Pour convenir d’une lecture globalement collective, il nous est imposé de considérer la situation comme la résultante d’un processus, voire même, celle d’une plus longue dérive commune qu’un quinquennat, et certains candidats la prouvent par leur présence même. Chacun y a sa part d’approximation et de certitude coupable d’avoir voulu faire prévaloir son point de vue personnel au nom de cette illusoire liberté d’exister sans contrainte, ni celle de l’autre, ni celle de la collectivité, ni celle de la nature pour couronner le mépris. Et chacun de s’y attacher en faisant obstinément le procès stérile à l’autre, d’un injuste partage par les plus tributaires, d’un appétit envahissant mais salutaire par les plus autonomes, d’un indéniable progrès assumé par les partisans du système déshumanisé, d’une inénarrable perte de valeurs inconsolée par les orphelins d’un divin décevant, d’un épouvantable procès de l’étranger par les désemparés, recroquevillés sur leurs peurs, faute de réponse avec sens. Force est donc de constater que le clivage primaire gauche-droite vole enfin en éclats, clairement s’il était besoin, parce que ne sachant plus répondre à aucun des procès des uns et des autres, faute d’humilité ou de partage, probablement d’usure, décevant lui-aussi.
Les Anciens (Grecs et Romains) qui s’étaient attachés à construire la démocratie, l’avait fait reposer sur un tryptique : la nation tire son origine de la famille, qui la dépasse par sa finalité au service du bien commun, dès lors qu’elle partage solidement une croyance commune. Ils nommaient explicitement cette croyance « religion » qu’il me semble raisonnable aujourd’hui, à l’appui des progrès de la science et des repères collectifs, de « neutraliser » par le terme de croyance pour ce qu’elle contient de références communes et de conventions implicites matérialisées dans notre culture et nos interdépendances.

Les constats de carences
Ce que révèle le vote, c’est que tous les procès déplorent réciproquement, et les débats l’attestent, l’incapacité d’insuffler la volonté de porter une réponse consensuelle, faisant autorité crédible de définir la fusion informelle du tryptique économie, technologie et écologie en qualité de croyance de référence. Quand l’économie ne sait pas être équitable pour permettre à chacun de vivre décemment, quand la technologie ne se sait pas être responsable de son utilité, des espèces, et de la Planète, quand l’écologie ne sait pas être fédératrice des dépassements indispensables au service du bien commun, comment s’étonner d’un ensablement collectif ?
Pire encore, est de constater avec effroi que le système démocratique n’a pas prévu le fait qu’aucun des deux projets qualifiés au deuxième tour, ne sache ni répondre ni laisser la place dans le débat à un troisième tout autant légitime que représentatif, juste écarté par la méthode. En réalité, ce qu’il démontre en propre, c’est l’improbable capacité du processus démocratique actuel à produire ce qu’il promet dans son concept initial : être l’outil d’élaboration du tryptique des Anciens capable de circonscrire et de représenter la substance même de la société que nous avons comme horizon commun. Mais chacun, dans le culte vain de la liberté individuelle, ne sait déjà pas accepter de ne pas être capable de se la définir, de la souhaiter telle, de savoir se reprendre en main soi-même pour en faire l’effort nécessaire, et c’est, à mon sens, la plus lourde des calamités, puisqu’à entendre plus d’uns, aujourd’hui tout nous est dû.

Entrepreuriat, alternative d’inflexion de la trajectoire ?
Puisque la dynamique collective n’est pas assez crédible ou assez déterminée pour savoir fédérer, je me retourne vers l’autre structure disponible et organisée, celle de l’entrepreneuriat pour engager la correction de trajectoire qui s’impose à nous. J’ose le faire parce que je m’appuie sur la similitude de sa construction avec celle de la démocratie des Anciens : l’entreprise tire son origine d’un service au lieu d’une famille, qui la dépasse par sa finalité au service d’une ambition commune, dès lors qu’elle partage solidement une croyance commune dans la valeur de son projet. La différence est le mode d’installation du processus de décision. Et justement, comme il n’est plus adapté dans notre démocratie a pouvoir nous mettre raisonnablement par le débat sur le chemin de l’intérêt commun, je le sollicite, lui, pour le sens des responsabilités qu’il porte. Sinon, que reste-t-il d’autre que l’insoutenable révolution illustrée si piteusement par les images de la Sorbonne « occupée » ?
Pourquoi un tel recours ?
– A la fois parce que le système économique fonctionne et qu’il « suffit » de corriger sa trajectoire à lui, pour le préserver, quasiment en l’état, dans le dispositif global de la « substance » de la société que nous avons en horizon commun : au lieu d’avoir comme finalité de gagner le plus d’argent possible pour quelques-uns par spéculation, la finalité serait celle de donner à tous les moyens de vivre décemment et raisonnablement par le travail, comme support de contribution à la prospérité collective ! A quoi lui servent-ils, en réalité en dehors de leur possession « sèche », les 66 millions de revenus de Monsieur Tavares ? De toutes les façons, pas à être heureux puisque heureux n’est pas un synonyme de riche ! Si, et dans l’esprit des disqualifiés, le différentiel de revenus entre les moins et les plus gros des salaires se ramenait déjà de 1 à 50 sur un bas décent, l’économie redeviendrait un outil et non plus une arme de discorde stérile. Dirigeants, vous pouvez décider et même faire !

– A la fois parce que la technologie est génératrice de réponses aux incertitudes et inconforts et qu’il « suffit » de corriger sa trajectoire à elle pour la préserver, quasiment en l’état, elle aussi, dans le dispositif global de la « substance » de la société que nous avons en horizon commun : produire ce qui est nécessaire comme la nature, en sachant réutiliser ou biodégrader nos déchets, ne pas gaspiller pour justifier la maintenance artificielle et inutile d’un système d’offre et de demande en dérive, arrêter de ponctionner les ressources (fossiles) limitées pour servir une course à l’éphémère non-renouvelable, donc structurellement, condamnée ! A quoi servent donc le progrès et la technologie ? Si dans l’esprit de l’Evolution qui a animé l’Humanité raisonnable, c’est de lui permettre de respectueusement, Vivre Bien, la technologie redeviendrait un outil et non plus une arme de destruction massive. Dirigeants vous pouvez décider et même faire !

– A la fois parce que l’écologie est génératrice de consciences et de réponses aux tourments et aux fragilités que nous avons générées, il « suffit » de corriger sa trajectoire à elle pour la préserver, quasiment en l’état, elle aussi, dans le dispositif global de la « substance » de la société que nous avons en horizon commun : pourquoi donc lui faire endosser le rôle menaçant du spectre apocalyptique de fin du monde si ce n’est de vouloir insidieusement susciter une alternative à la Rédemption perdue avec la perte de Dieu ? Alors qu’il « suffit » de lui asservir toute décision et tout cap de nos activités pouvant interférer sur la capacité de la planète à conserver les conditions nécessaires et initiales à la Vie de qualité pour infléchir la trajectoire. A quoi sert le mieux si c’est au détriment du bien ? A quoi sert le plus, si c’est au détriment du nécessaire et à quoi sert le différent si c’est au détriment de l’utile ? Si dans l’esprit de la préservation de la Biodiversité et du progrès au service du Vivre Bien, l’Humanité s’y assujettissait, l’écologie redeviendrait un outil et non plus une arme de dissuasion du projet d’Evolution qui nous a conduit jusqu’ici. Dirigeants vous pouvez décider et même faire !

recours de confiance ?
C’est à cause du pouvoir de mise en œuvre direct que je vous sollicite, même si le pouvoir politique devrait être l’instigateur de ces corrections de trajectoires et de cette exigence de construction de ce dispositif global de la « substance » de la société que nous avons en horizon commun. Mais le constat d’échec est trop brutal et trop profond maintenant pour espérer un sursaut suffisamment rapide pour corriger le tir en trois ou cinq ans, fenêtre de tir identifiée comme recommandée. Alors, dirigeants et postulants à diriger votre vie personnelle en toute liberté, vous, vous pouvez décider quasiment tout de suite parce que vous ne manquez ni de courage ni d’enthousiasme, sinon vous ne le seriez pas, et parce que rien ne vous contraint. Je suis sûr qu’ils suivront rapidement pour ce qui leur appartient et vos collaborateurs aussi pour nous mettre, tous, sur le chemin de cette prospérité collective.

Alors, quelle que soit l’issue du vote, vous saurez, ainsi, montrer comment se prendre en main!
Merci pour elle, merci pour nous et surtout pour ceux qui viennent…

Gérard Leidinger
Auteur de la Déconomocratie, monde et démocratie en crises pour citoyens en défiance

Posté le 15 avril 2022
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