Billets d'Humeur

Les brèves (pas tant que ça !) de la mouette rieuse

Venez comme vous êtes. En qualité de Clitoyen, ça marche?

Chez Mac Do, la publicité dit « Venez comme vous êtes ». Chez Mac Ron on dit à peu près la même chose pour les gens de la vie civile, pas tout à fait, pour ceux de la vie politique. Comme je viens de la première, il y a peut-être des chances que je puisse participer à la révision du fonctionnement de la Vie Publique à laquelle son programme semble nous inviter. J’ai tenté de vous atteindre, Monsieur, bien avant votre présélection, mais vos équipes n’ont pas cru bon donner suite à mon approche. Alors, moi Clitoyen, je m’invite publiquement pour, autant qu’il est possible, donner ma lecture de ce qui pourrait advenir de notre Etat si décrié pour nous rabibocher avec lui à l’heure où l’entreprise cherche des clés bienveillantes pour, elle aussi, se rabibocher avec ses employés après l’avoir fait avec ses Clients.

Le consensus sur l’insatisfaction
Un projet de gouvernance pour la France n’existe vraiment que s’il porte en lui l’adéquation entre un consensus d’insatisfaction et un consensus sur les réponses. De plus, il ne dure que si ce projet sait tenir ses promesses, comprenons, les espérances contenues dans les solutions. Et ce qui rend la tâche encore plus délicate, qu’il sache s’adapter aux circonstances et mieux, évoluer en s’améliorant.
Sur le difficile chemin de la recherche de cette adéquation, le premier écueil est celui d’obtenir un consensus sur l’insatisfaction. On connaît le Français râleur, mais s’est-on penché pour savoir ce dont il est vraiment insatisfait ? Pour y répondre, l’idée est de proposer d’organiser cette insatisfaction en trois pôles génériques qui se déclinent en attentes selon les besoins ou les problèmes rencontrés. Ainsi chaque citoyen retrouve dans l’approche sa problématique avec laquelle il regarde et comprend le projet. Pour peu que ces « attentes » soient elles aussi génériques, le projet prend du sens.
L’insatisfaction peut se synthétiser en trois pôles :
1. La désillusion de l’espoir d’être heureux: il est tiraillé entre besoins et envies dont l’équilibre procède du sentiment d’être heureux. Sans une franche confiance de pouvoir progressivement les satisfaire, aggravée par la perte de références existentialistes mal ou pas remplacées. Ne faudrait-il pas commencer par lui proposer une grille de lecture pour l’aider à faire la part des choses entre ces deux insatisfactions légitimes pour lesquelles il est en chemin permanent, mais sans arme, surtout chez les plus défavorisés ?

2. L’incertitude pour demain: il est plus ou moins sensibilisé aux risques de toutes natures auxquels la vie l’expose et qu’il ne sait pas ordonner entre probabilité qu’ils se produisent et conséquences s’ils se produisent, d’où l’incertitude qui nous agite. Pourquoi ne pas lui proposer de mettre de l’ordre dans ses incertitudes et d’y répondre de façon concrète en éliminant celles qu’il est possible d’éradiquer et en diminuant la probabilité et/ou la gravité des conséquences de celles avec qui il faut vivre ?
3. Le sentiment d’injustice: il vit, déjà, une frustration permanente d’une part, entre son histoire (s’il est né du bon coté du soleil) et son tempérament (s’il est débrouillard ou chanceux) et, d’autre part, entre son attente d’assistanat de l’Etat et son envie de libéralisme à tout prix. Frustration amplifiée quand, s’il réussit, l’Etat se sert sans discernement, et, s’il ne s’en sort pas, l’Etat ne fait rien pour lui ! Le message est clair : le citoyen est au service de l’Etat. Et comme le politique c’est la course aux pouvoirs et non la course aux résultats, le sentiment d’injustice se complète de celui d’abandon, d’où le désintérêt pour la cause publique. Et si l’on inversait concrètement la perception?
De la même façon, les « attentes » du citoyen, à partir desquelles il ressent les situations ne sont pas plus compliquées à synthétiser, voire à résumer : les besoins vitaux et sociaux sont les fondements sur lesquels se construit son insatisfaction. Prendre quelques secondes pour les formaliser, c’est se donner une structure sur laquelle construire tout le projet. Les besoins vitaux que tout sociologue (Maslow) décline ne sont ni plus ni moins que pouvoir manger, boire, dormir et se protéger du froid, des autres, en quelque sorte survivre. Rocambolesque en 2011 ? Les restos du cœur sont là pour effacer très rapidement le sourire naissant. Le problème c’est que pour les satisfaire, je n’ai pas d’autre solution que de les acheter. Donc je suis obligé de travailler. Comment ne pas avoir peur de ne pas en trouver à la sortie de l’école diplômes en poche avec la crise, le manque d’expérience… Et plus tard, trop vieux ? Alors, diplômes en moins, quelle échappatoire ? Trafic, larcins, vols,… Et plus tard, pas assez cotisé !
Tout n’est pas aussi sombre que mes mots le caricaturent et tout n’affecte pas tout le monde, dieu merci. Mais avec le spectaculaire qui en est fait, la pauvreté et l’inefficacité des réponses qui y sont apportées, comment s’étonner que la désillusion, l’incertitude et le sentiment d’injustice ne gagnent pas directement les « presque concernés » et n’influence pas indirectement les autres. Ceux là vont avoir, dès lors, un regard incisif sur le spectacle de la politique en se demandant : « finalement, à quoi ça sert vraiment tout ce cirque qu’on appelle l’Etat ? Ce monsieur Loyal qu’on appelle président et sa clique de ministres et secrétaires d’Etat qui nous jouent une partition de violon ? Et mon député donc, coincé entre son parti et son discours, ne sachant plus vraiment quoi me promettre ! Et quand tout vole en éclat comme à ces constats d’après premier tour, on imagine son désarroi !

C’est pour nous emmener où que vous voulez être, vous aussi, le Monsieur Loyal ? Et pour commencer, l’êtes-vous ?

A force de propositions et encore de « promesses » locales, souvent spécifiques, il m’est très difficile d’avoir une synthèse du comment ma Vie quotidienne va évoluer. C’est donc d’une proposition de réponse qui organise les attentes du citoyen en huit thématiques qu’il est question pour permettre une visualisation des impacts des projets sur notre vie quotidienne. La coquetterie est de les avoir intitulées avec un nom commençant tous par un S à la fois parce que ces noms sont Significatifs, qu’ils Symbolisent chacun l’une des attentes « vitales » et qu’ils se Substituent au vocabulaire habituel pour être entendus dans la cacophonie ambiante. Pour ceux qui sont informés, ils feront le lien avec les 5S du lean…
Je vous invite donc à découvrir successivement les attentes des français formulées en huit Ministères avec lesquelles le projet de gouvernance se structure et devrait simplifier la lisibilité des interdépendances impossibles actuellement:
– Subsistance, Santé, Salubrité, Sagesse, Sociabilité, Solvabilité, Souveraineté, Satisfaction.
En déclinant les trois pôles qui stigmatisent le consensus sur l’insatisfaction sur chacune de ces attentes explicites et implicites du citoyen, on fabrique cette grille de lecture (en annexe 1) qui l’aide à évaluer sereinement la perception de sa situation, mais tout aussi sereinement, de mesurer comment et en quoi le projet qui lui est proposé va l’améliorer concrètement sur la base de critères partagés, au-delà des clivages politiques ou doctrinaux. Ce n’est pas de lui promettre le bonheur qui est en jeu ou de le réduire à ces trois pôles, mais de lui donner la possibilité, si peu soit-elle, d’avoir de plus en plus le sentiment de pouvoir être maître de son destin. Finalement, ne serait-ce pas cela, la liberté ?
Bien souvent, la notion de satisfaction se décline à l’aide de ce rapport Qualité/Prix qu’un slogan qui va droit au but, résume dans la formule le juste prix.
En comparant le résultat de la colonne de la solvabilité avec celui de la somme des moyennes de celle de la Satisfaction, on obtiendrait le baromètre du sentiment du Vivre bien à la française

Le droit à la Subsistance

Si un Homme dit a une femme : « Madame, j’ai besoin de vous », la dame en question ne comprendra probablement pas la même chose que si le même Homme lui dit : « Madame, j’ai envie de vous », ceci sans misogynie aucune, juste pour l’image. Si l’image est plaisante ou coquine, elle est forte de ces deux notions qui tiraillent notre quotidien à quelque niveau de l’échelle sociale que l’on soit, d’ailleurs bien au-delà encore: ce n’est pas de perdre son emploi qui est problématique, c’est de n’avoir que peu d’espoir d’en retrouver aussitôt et près de chez soi de surcroît ! D’ailleurs, ce n’est pas de l’emploi dont il est vraiment question dans ce cas, mais de la subsistance : nourriture, loyer,… Le problème ce n’est pas d’apprendre le métier qui me plaît, mais d’avoir au bout du parcours, un beau métier, certes, mais sans emploi ! Pourquoi m’avoir promis, m’avoir laissé faire ?
Pour répondre à l’espoir d’être heureux, c’est le sentiment d’avoir le choix qui sera la meilleure réponse et pas que l’embarras comme disait Coluche. Dans les méandres des couloirs des ministères ou les atermoiements cajoleurs des promesses électorales de tous ordres malmenées par un ordre mondial déstabilisé, cet espoir s’est évanoui. Comment ce sentiment d’avoir le choix est-il construit par le système actuel et qu’elle est la structure qui offre une logique suffisamment simple et crédible pour le générer ? Le projet de gouvernance à venir doit y répondre. J’ai utilisé le terme de subsistance comme problème vital derrière l’emploi en remontant un flux logique partant du besoin : j’ai besoin de me nourrir. Ai-je le choix entre plusieurs sortes de légumes pour ma santé ou entre le prix des pâtes et celui des légumes ? Pour pouvoir choisir, est-ce le choix entre plusieurs emplois d’un métier qui me plaît parce qu’il va me nourrir ou parce qu’il m’apporte de la notoriété ou le choix entre un emploi et Pôle (emploi) ? Et si ma subsistance dépend d’un emploi et que les emplois c’est l’Entreprise qui les fabrique, l’Entreprise a-t-elle le choix entre des comptes de résultats et des emplois compensés ou des emplois contre des profits ? Et si le choix de la subsistance était « simplement » l’optimum d’une logique redistribuée et non pas la fausse illusion actuelle de l’addition de l’optimum de chacune de ses composantes : agriculture, emploi, entreprises, santé, éducation, métiers,….
Ce serait le premier des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Subsistance qui regrouperait cinq secrétariats d’Etat:
– L’Alimentation dont l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire (pour l’optimum collectif),
– l’Emploi et sa logique d’intégration dans le compte de résultats,
– l’Entreprise et sa contribution à la Subsistance compensée,
– l’Energie, dont les entreprises et le pays dépendent,
– la Recherche et l’innovation pour les perspectives qu’elle promet.

Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de subsistance en lui donnant à manger (et pas les Restos du cœur) s’il a faillit à son devoir de lui fournir un travail et une retraite décente. Parce que dans la logique de subsistance, l’Entreprise a intégré dans son évaluation son devoir d’emploi en contrepartie d’une valeur économique au nom de l’optimum de la chaîne globale de la subsistance et non pas celui du seul maillon de sa profitabilité financière. Si une boisson sucrée est préjudiciable à la santé, il y a une cohérence qui est mise à mal dans le projet. C’est de cette interdépendance que le ministère de la subsistance doit construire. De ce fait, l’entrepreneur a, lui aussi, le sentiment d’espoir qui revient parce que l’Etat lui (re)donne le rôle social qu’il détient avec celui de s’épanouir. Il lui procure un cadre administratif stable et compétitif comme une énergie durable (renouvelable) que la Recherche et l’Innovation financées par l’optimum du flux de Subsistance aura finit par trouver en dépit des intérêts d’optimisation des profits corporatistes et financiers !

Le droit à la Santé

– « Docteur, pourquoi je vais bien ? » Combien d’entre nous sont entrés dans un cabinet médical et ont posé cette question ? Et pourtant, le monde de la santé change d’un coup en le regardant par ce bout là. Qui du Sida ou du Cancer va me tomber dessus si j’échappe par miracle à l’infarctus qui me guette ? Tout le monde ou presque a une connaissance ou un proche rongé par une maladie. Parmi les incertitudes de demain, la santé en est une forte à l’échelle individuelle certes, mais, à certains égards à l’échelle de la société : Amiante, sang contaminé, HAN1, vache folle, tabac, Médiator, pour ne citer que les plus tristement célèbres. L’incertitude se renforce tout particulièrement sur ces cas, parce qu’en plus, la médecine montre ses limites actuelles pour en guérir, même si les perspectives sont aussi gigantesques que spectaculaires si l’on veut bien y consacrer les moyens. Ce qui met en exergue une approche différente, bien que déjà ancienne puisque les chinois la pratiquaient déjà : que faire pour ne pas tomber malade ?
Même s’il n’y a pas de réponses à toutes les questions, pour l’instant, il existe déjà un bon nombre de postulats qui ne sont plus discutés par la science : le tabac tue. L’alcool tue. Manger gras tue. Les légumes pas, au contraire, -si je puis dire- mais comment manger cinq légumes par jour au prix où ils sont ? Beau sentiment d’injustice en perspective : l’optimum de la chaîne alimentaire au service des profits de l’entreprise ou l’optimum de la chaîne alimentaire au profit de la santé du citoyen ? Ce n’est pas vieillir le problème, il est inéluctable même si la société cherche à reculer les échéances, c’est le fait de vieillir mal en perdant son intégrité physique et morale et de ne pas avoir de perspectives réversibles. Alors, si la qualité de l’alimentation entre dans le droit à la santé, si l’abus de tout ce qui est bon au goût est mauvais pour la même santé, comment l’optimum des logiques participantes à la santé est-il construit pour répondre à cette incertitude majeure ? Comment, si j’ai le droit de fumer à ma guise, je ne pénalise pas la collectivité quand il faut me soigner : j’ai pris le risque, alors je paye moi-même le risque que je prends. J’ai envie de faire un sport à risques, mais j’ai le devoir de m’assurer individuellement. Et puisque ma santé m’est si précieuse, je me mets en situation de la préserver sous la tutelle d’un médecin épaulé par une structure spécialisée pour me maintenir en bonne santé. Si je ne respecte pas ses préconisations, je m’assure en conséquence. Mais est-ce vraiment le sens des études de médecine d’aujourd’hui ? A quand le diplôme de Prévention en santé ? Avez-vous remarqué la qualité de fin de vie de certains acteurs de théâtre plus accaparés par leur métier que par leurs frasques dans leur vie privée ? Ils font tourner leurs neurones en étudiant des textes et en les jouant. Et si on nous ouvrait les portes de l’université pour alimenter le tronc commun de notre propre expérience de vie et chercher d’autres alternatives pendant l’hiver de notre vie ?
Ce serait le second des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Santé qui regrouperait cinq secrétariats d’Etat :
– la Médecine de Prévention de la santé en relation étroite avec l’Alimentation,
– la Famille dont une structure consacrée à la famille recomposée,
– la Retraite et la vie après l’activité,
– la Médecine de Réparation et la Recherche médicale,
– l’Assurance collective et individuelle pour les accidents de la vie.

Ce n’est pas le fait d’être vite et bien remis sur pied qui est l’objectif de ce ministère, mais bel et bien celui d’éviter tout recours à la médecine de Réparation. Pour cela, l’idée est d’orienter les comportements, les habitudes, l’alimentation à l’optimum de ce que les connaissances nous dictent pour ne pas tomber malade. Je contribue au diagnostic de prévention parce que j’y ai droit et je m’assure individuellement en fonction des risques supplémentaires que je prends. Je jugule le sentiment d’injustice devant les coûts de contribution proportionnels à ma situation et, même si l’issue est connue, le compte à rebours contre la mort devient moins sordide parce que j‘ai le sentiment d’avoir le choix, même s’il est encore limité à la Connaissance.

Le droit à la Salubrité

Ce n’est pas avec le film Tanguy que je peux habilement poser le problème de ce que j’appelle la Salubrité, mais l’image est suffisamment espiègle pour contribuer à dédramatiser le problème qui devient intolérable dans de sinistres exemples récents. Sous nos latitudes, le logement fait partie de ces besoins vitaux qui permettent de ne pas mourir de froid, voire, de canicule. A condition qu’il soit sain, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas pour des raisons coupables d’exploitation ou plus malsaines de négligences.
Si le logement est bien le fondement de cette logique, elle s’étend naturellement à tout le cadre de vie : l’espace que je partage avec les autres, les structures qui me permettent de me déplacer, les modes de transport collectifs qui sont mis à ma disposition ou plus généralement encore la salubrité du cadre de vie dans lequel nous évoluons : pollution quand tu nous tiens ! On y synthétise bien des insatisfactions telles que prédéterminées : la désillusion de l’espoir d’être heureux au huitième étage d’une tour dégradée où l’ascenseur est régulièrement en panne et où les bruits des voisins d’à côté et plus encore des enfants du dessus vivent dans les mêmes pièces que moi. L’incertitude pour demain dans l’entrée de l’immeuble où les jeunes désœuvrés s’occupent à ne rien faire de leurs dix doigts en cassant les pieds des passants. Le sentiment d’injustice devant ma voiture victime d’un coup de chaleur dont il ne reste que la carcasse calcinée. Voilà pour le poids des maux et le flop des photos ! Excellente réponse dans les années soixante au besoin massif de logement, piètre réponse au besoin de salubrité du citoyen actuel ! Encore un problème de choix sur l’optimum : de guerre lasse tirons leçon de ces erreurs d’optimum.
Dans la logique de réponse au droit à la salubrité du citoyen, la préoccupation n’est pas tant de réglementer les choses que de fixer des objectifs de résultats. De mettre en évidence les risques pris et d’en faire porter les conséquences à ceux qui les prennent : l’entreprise de construction, le propriétaire qui loue ou le particulier qui bricole ! Ce sont les risques pris pour soi qui sont l’espace de liberté admissible, sous réserve d’assurance ; ce sont les risques auxquels on expose les autres qui ne le sont pas. La réglementation souffre du manque de définition de la salubrité pour tous les espaces du cadre de vie.
Ce serait le troisième des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Salubrité qui regrouperait cinq secrétariats d’Etat :
– l’Espace privé dont le logement,
– l’Espace privé recevant du public,
– l’Espace public, les Infrastructures et le patrimoine,
– le Transport, la Circulation et le Tourisme,
– la Préservation du Cadre de vie (l’Environnement, déjà ambigüe) dont la Protection Civile.
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de salubrité en le logeant temporairement s’il a faillit à son devoir de lui fournir un travail ou une retraite décente pour pouvoir se loger. Parce que dans la logique de Salubrité, aujourd’hui la règle de l’optimum de la logique a privilégié celle de l’optimum du profit unitaire géré exclusivement par la loi de l’offre et de la demande. Passons de l’Habitat à Loyer Modéré (dont l’effet est sélectif) au Loyer Modulé pour l’Habitant (dont l’effet est proportionnel) en régulant le profit de la spéculation immobilière au lieu de dilapider l’argent public en APL pour compenser un vase sans fond !

Le droit à la Sagesse

Jules Ferry avait vu juste en rendant l’école obligatoire, il dotait le citoyen de son premier espace de liberté : le libre arbitre. Le partage de notions, la valeur des chiffres ou le sens des mots, permettent à chacun de communiquer et d‘exister dans le système social d’aujourd’hui. Bien ou mal, l’école de Jules et ce que l’on en a fait, cherche à remplir cette honorable mission. Ce qu’il y a à en dire, c’est qu’elle illustre à elle toute seule, le constat d’impermanence d’un projet, s’il ne sait pas tenir ses promesses et s’il ne sait pas s’adapter aux circonstances. Or qu’est-ce que l’on constate : d’abord que l’école ne fabrique pas tous les métiers dont on a besoin. Un ingénieur n’apprend pas à manager à l’école même s’il est d’abord embauché par l’entreprise pour en devenir un. Ensuite que l’école ne s’est pas adaptée aux circonstances : pourquoi tant de dépressions dans le métier d’enseignant parce que l’élève de nos jours a d’autres exigences que les attentes de celui d’hier : d’abord il n’a plus la même déférence vis à vis de l’enseignant, celui-ci est démystifié en quelques sortes. Ensuite, l’élève ne l’accepte plus comme contributeur de son éducation par le respect qu’il ne semble pas lui devoir ou que l’enseignant ne sait plus obtenir faute de repères. Mais l’enseignement est toujours porté par l’Education Nationale ! Sur ces deux dérives il y a un travail de reconsolidation du projet à élaborer sur la base d’un objectif élémentaire : le besoin de discernement que l’élève doit acquérir. Du libre-arbitre d’hier qui pourrait être assimilé à une forme d’autonomie d’aujourd’hui, le citoyen doit être capable de choix raisonnés et argumentés si on veut qu’il se construise, à l’intérieur du projet de gouvernance, son chemin personnel vers l’homme heureux qu’il ambitionne d’être. A voir le nombre de candidats à l’émission X factor, (comme à celle de la présidentielle d’ailleurs, pardon !), il faut croire que le projet des jeunes se résume à être riche et célèbre. Il y a dans ce constat quelque peu défaitiste, une désespérance de projet qu’il va falloir prendre en compte et à laquelle le projet de gouvernance doit pouvoir répondre. Le plus sûr pour l’avenir de toutes ces désillusions, c’est un énorme plateau de valeurs et d’espoirs à constituer et à ronger, parents inclus !
Ce n’est pas avec l’immobilisme actuel du « mammouth » qu’il va falloir compter mais avec une refonte significative de ses objectifs et de ses moyens.
C’est pourquoi, le quatrième des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères, serait : le ministère de la Sagesse qui regrouperait cinq secrétariats d’Etat :
– l’Instruction pour l’acquisition des notions de base (lire, écrire, compter), des repères géographiques et historiques, du raisonnement,
– l’Apprentissage des Métiers en ligne avec l’Emploi, y compris les grandes Ecoles
– le Sport pour les valeurs et l’activité qu’il véhicule
– la Culture pour la prospective sociale insuffisamment exploitée qu’elle porte,
– l’Enseignement et la réflexion sur soi qu’il néglige un peu comme l’Homme qui a finit d’apprendre est un Homme déjà un peu mort…
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de Sagesse en assurant son instruction minimale jusqu’à ce qu’elle soit acquise pour ne pas le laisser sur le bord d’un chemin même difficile. Il le guide dans des « filières » qui le conduisent directement à l’emploi parce qu’il est intolérable qu’au bout du parcours d’acquisition d’un savoir faire il s’entende dire « qu’il lui manque l’expérience pour obtenir le poste ! Comment ne pas vouloir se révolter devant une telle absurdité et le voir, de plus, condamné à un autre parcours d’acquisition mais de rancœur et d’amertume : l’intérim !
– Dites, c’est quoi la différence entre la sagesse et le bon sens ?

Le droit à la Sociabilité

A en croire les livres d’histoire, les expériences malheureuses sont légions et des civilisations entières se sont éteintes rapidement à l’échelle du temps après leur apogée. Et si l’on observe superficiellement les choses, c’est pour la seule et unique raison : la perte du sens ! Les dieux Egyptiens et Pharaon lui-même n’ont pas su contenir les dieux romains étrangement ressemblants aux dieux Grecs, à qui, successivement, temples et sacrifices, offrandes et prières n’ont pas suffit pour obtenir grâces et victoires éternellement. A vouloir imposer leur dieu unique, les religions se sont dotées de guerres dont le véritable vainqueur est la mort, calculé au nombre de victimes anticipées qu’elle a su gagner. A croire que l’on n’apprend rien de l’histoire, puisqu’aujourd’hui encore, au quatre coins du monde, la guerre fait école et ravages. Les motifs n’ont guère changé : pouvoir, religion, hégémonie, cupidité, même la façon de la faire est toujours aussi barbare malgré les conventions de Genève, n’est-ce pas Bachar ?
Et pour pratiquement les mêmes raisons, il est une autre guerre qui ronge les relations entre les Hommes, moins mortelle que la « vraie » mais tout aussi dévastatrice en peur, calculé au nombre de victimes du sentiment d’insécurité qu’elle a su gagner. La sécurité est aussi un besoin vital parce qu’à défaut, je peux en mourir. Mais approchée de cette façon conventionnelle, il n’y a aucune chance de sortir d’un débat d’extrêmes, intégriste tendance « Karcher » ou permissif tendance « vous comprenez, la société… ». Intégration par définition est un mot qui en soi porte déjà la connotation de renoncement de soi qui dans le cas de racines différentes, signifie qu’il faille y renoncer : absurde, là aussi. Comment voulez-vous donc régler un problème si mal posé ?
Ce dont le citoyen a besoin, c’est de sécurité, mais bien davantage, de sociabilité. Vivre librement au milieu et avec les autres dans le respect réciproque des personnes et de leurs biens. Comme les guerres, les voleurs, bandits et autres violeurs ont existé de tous temps. Qu’a-t-on trouvé d’autre que la loi du Talion, les travaux forcés et la prison, pour régler le problème ? Au contraire, avec le cinéma, la télévision, les jeux vidéo, les héros sont les gendarmes et les voleurs, la tuerie est élevée au niveau d’un art. Comment peut-on imaginer de meilleure « formation » qu’une acquisition ludique ? Bonjour les dégâts ! Où est enseignée « ludiquement » la sociabilité ? Où se fait l’éducation du respect ? C’est quoi les règles de cette vie sociale en sécurité où seul le pari sur la peur du gendarme ne vient pas compenser un vide éthique ? Que se passe-t-il quand les situations dérapent ? C’est quoi la base quand on dit « que justice soit faite » ? Est-ce que la prison est une solution ? A quoi ça sert la perpétuité si personne ne la fait ? Au nom de quelle « morale-éthique-culture » faut-il devoir respecter la vie de quelqu’un qui ne respecte pas celle des autres ? Avant l’abolition de la peine de mort et après, qu’est-ce qui a vraiment changé ? Là encore, comment est structuré l’optimum de la sociabilité aujourd’hui par la recherche de l’optimum de tous ceux qui y contribuent : la justice, la police, la prison, autant de réponses inadaptées puisque toutes à leurs limites de moyens et d’efficacité. Il n’y a aucune épreuve au Bac sur la sociabilité, aucun permis de citoyenneté, comme aucun permis d’être parent. Quelle probabilité peut-on dans ce cas espérer de vivre dans un pays paisible ?
Voilà posé le cinquième des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Sociabilité qui regrouperait, lui aussi, cinq secrétariats d’Etat :
– la Sociabilité individuelle qui définit et installe les règles de sociabilité auprès du citoyen,
– la Sociabilité collective qui assure le respect et le maintien de la sociabilité (ex Intérieur),
– la Réparation qui administre l’ajustement des comportements dérivants (ex Justice),
– la Défense qui assure le respect du Territoire par les autres pays,
– la Sociabilité Internationale qui gère notre façon de respecter la sociabilité mondiale.
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de Sociabilité en assurant que ce qui est inacceptable ne l’est pas vraiment. Si ce n’est pas acceptable qu’une jeune fille se fasse violer, par un récidiviste de surcroît, comment le montre-t-on ? J’ai du mal à comprendre que le mécanisme de l’instinct de préservation dont la nature nous a dotés et qui nous permet de survivre, grâce à l’adrénaline qu’elle fabrique au moment opportun, ne fonctionnerait pas, selon la même Loi de l’apprentissage du risque et de l’expérience du risque, dans ces cas là. Toute tergiversation prête le flanc à l’intolérable. Si c’est intolérable, ça l’est. Point !

Le droit à la Souveraineté

L’un des paradoxes auquel le projet de gouvernance se confronte et qui alimente l’insatisfaction du citoyen, tant la désillusion que l’incertitude et que l’injustice, c’est cette sournoise liberté fièrement arborée aux frontons de nos mairies quand elle butte dans les règles. Art éminemment français que le paradoxe avec une illustration ubuesque en propre : la voiture sans permis ! S’acharner à autoriser et à s’assurer de respecter des règles de conduite communes pour la sécurité de tous et en même temps en faire fi. « Ma liberté finit là où commence celle de l’autre » dit la citation, mais si elle dit tout, elle ne dit rien, du moins rien qui vaille pour l’être, libre. Dans mon activité professionnelle, j’ai l’occasion de me confronter à une notion qui recoupe bon nombre de mots dont le sens concret est malheureusement souvent bien dilué. Si je vous demande de définir le mot Responsabilité, vous serez sans doute surpris d’abord d’avoir une seconde d’hésitation (voire plus), puis d’utiliser comme la plupart du temps le verbe « assumer » pour y répondre. Et à ma question « quelle action concrète faites-vous quand vous assumez ? », vous vous mettez instantanément sur la défensive, adrénaline oblige. Rassurez-vous, vous êtes normal, et quand je parlais dans mon Ministère de la Sagesse de l’instruction du discernement, c’est à cela, entre autre, que je faisais allusion. Le déficit de sens est tellement préjudiciable que j’en fais une cause prioritaire pour la restauration de la confiance dans un projet de gouvernance. Pour l’heure, dans cette notion de responsabilité, je ne retiens que celle du pouvoir de décision « souverain » qui détermine mes choix. En résumé, j’ai la liberté de choix et je suis responsable de mes choix. En regardant de plus près le champ de ces choix, je retrouve tout ce qui concerne mes besoins vitaux : le choix de mes légumes, de ma maison, de mes habits, de mon métier, du niveau de mon instruction, de comportements chez moi. Ce qui, finalement, donne plus de sens à la citation, puisque dès que je dépasse cet espace (sphère) individuel, je me confronte à la liberté de choix de l’autre. Et d’une certaine façon, la structuration de la société française actuelle est une opportune déclinaison de ces différentes sphères successives qui organise la souveraineté des choix qui sont opérés aux différents niveaux. Mais, à l’heure actuelle, dans ces différentes sphères et du point de vue des choix à opérer, où et quelles sont les compétences respectives et consécutives pour éliminer tous ces gaspillages d’argent mis en exergue par la cour des comptes ?
Voilà posé le sixième des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Souveraineté qui regrouperait, lui aussi, cinq secrétariats d’Etat :
– la Souveraineté Individuelle trace la ligne blanche entre le privé et le public,
– la Souveraineté de la Commune, seconde sphère dans laquelle le citoyen est installé et la première avec laquelle il est « confronté » aux autres,
– la Souveraineté Départementale qui inclut le concept de canton ou de communauté de commune qui ne sont que des améliorations de moyens compensatoires d’une structuration insatisfaisante,
– la Souveraineté Régionale dont il me reste à comprendre la valeur ajoutée objective par rapport au département et/ou inversement du fait des « regroupements » intermédiaires,
– la Souveraineté Nationale définie au travers de l’Assemblée.
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de Souveraineté en clarifiant ce qui est de la responsabilité de décision de chacune des sphères avec laquelle on lui promet son bien être. Comme sa perception de la contrepartie qu’il en tire réellement n’est pas franchement «sensible», il exacerbe bien volontiers et bien naturellement ce qui l’est : les tracasseries et lenteurs administratives, si ce ne sont les coûts des impôts, des taxes foncières, professionnelles, d’habitation et autres ordures ménagères pour lesquelles l’augmentation permanente sensible dilue davantage encore la valeur ajoutée perçue de la contrepartie.
A l’heure où les Finances publiques nécessitent un rééquilibrage drastique, il est grand temps de reposer le problème des compétences et du financement des différentes sphères pour quelle contribution directe à la satisfaction du Citoyen. Ayons le courage de changer la connotation du mot « le contribuable » par celle de Client : le citoyen achète des prestations à l’Etat dont il est satisfait ou non. La politique redeviendrait comestible pour la majorité puisqu’il s’agirait de faire procéder aux choix d’affectation des Recettes aux projets les plus directement contributeurs à la satisfaction du Client-citoyen : mon Clitoyen est né !

Le droit à la Solvabilité

Au moment où j’ai commencé à concevoir ce projet, je n’imaginais pas à quel point le problème de la dette publique allait remettre les choses à leur place et faciliter, d’une certaine façon, les relectures tant espérées. Vous voyez, je n’ose même plus utiliser le mot « réformes » tant il a perdu de sens au regard des promesses de ces dernières décennies ! Lao Tseu avait une sentence qui fait désordre dans le monde du paraître actuel où, le luxe fait rêver par l’image qui en rejaillit sur soi : « Apprends à te contenter et tu ne seras jamais insatisfait » lui prête-t-on. Sans doute, la part de résignation qu’elle contient n’est pas du goût de tout le monde, surtout quand les champs des possibles sont martelés toutes les semaines au rythme des publicités telles que « A qui le tour ? », « 100% des gagnants ont joués ! » ou encore de Brenda sur sa Harley dans une chambre luxueuse de Las Vegas ! Innocentes en soi avec discernement, les choses sont plus sournoises sans, par les sentiments qu’elles génèrent : l’usure du concept de rémunération en contrepartie d’une production, la perte des valeurs des choses par la disproportion entre la contrepartie par rapport à un travail et le montant d’un coup de chance facile, le risque de fuite en avant avec la conviction acquise progressivement par la répétitivité, que « ça finira bien par tomber ! ».
Tiraillé entre besoins et envies sans pouvoir discerner vraiment ce qui est de l’un ou de l’autre sauf quand la réalité frappe lourdement à la porte, le citoyen se laisse embarquer dans la mouvance collective : au rythme des actions promotionnelles des commerçants, au rythme des modes qui influencent les gardes robes et les accessoires, au rythme des vedettes qui donnent le ton, au rythme des fièvres acheteuses qui font chauffer les cartes bleues. Le salaire devient très vite insuffisant, le boulot très vite frustrant avec tout ce qu’on fait pour lui et le banquier particulièrement incompréhensif pour ne pas m’accorder la facilité momentanée qui m’irait fort bien.
Boire est un besoin vital : mais l’eau du robinet y suffit ! Le champagne c’est pour quelque chose d’autre que boire, non ? Je ne discute pas l’envie de champagne, mais simplement est-ce là un besoin que le projet doit prendre en compte au premier degré. La réponse sans équivoque est non car cette envie procède de la souveraineté individuelle. Ce qui appartient au projet, c’est de rendre atteignable la satisfaction de cette envie, dans l’horizon de l’espace de vie.
Le véritable problème est que ce comportement individuel est démultiplié dans toutes les sphères de la souveraineté : bien du monde vit au dessus de ses moyens. Quand le premier des messages est constitué de la subsistance, c’est que tous les besoins vitaux sont achetés, que les endettements sont la plupart générés par les envies, et les frustrations par la recherche de compensation des vides psychologiques : la possession de choses inabordables est un challenge quelque part revanchard sur le sort. Qui et où sont gérés ces errances dans le système actuel ? On peut se poser la question de la légitimité de cette ingérence potentielle mais ne pas le faire, ne serait-ce pas de la non-assistance à personne en danger ? Tout est toujours dans la mesure et dans le risque de dérive : ce n’est donc qu’un problème de limites.
Voilà posé le septième des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes mais pas avec les repères : le ministère de la Solvabilité qui regrouperait, lui aussi, cinq secrétariats d’Etat :
– la Solvabilité Individuelle déclenchée par la banque à laquelle chacun est structurellement lié pour assurer les équilibres,
– la Solvabilité de l’Entreprise évaluée conjointement sur l’aspect finances et emplois,
– la Solvabilité des Collectivités territoriales, de la Commune à la Région,
– la Solvabilité de l’Etat propre et celle de sa politique de Sociabilité internationale,
– le Budget engagé selon la contribution des affectations aux Satisfaction des Clitoyens.
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de Solvabilité d’abord en montrant l’exemple d’une gestion équilibrée et choisie en fonction de critères partagés et mesurables. Ensuite, en installant des capteurs de dérives pour prévenir autant que possibles les situations potentiellement difficiles. Ce qui libèrerait des moyens pour assister les situations accidentelles inévitables malgré les précautions prises. Enfin, en décrivant comment et où va le paiement de la facture des prestations de l’Etat qu’il envoie à chaque citoyen et que l’on appelle Impôts, le bien nommé (un pot) tant il est frustrant d’entendre dire et de s’inquiéter qu’elle va encore augmenter sans que la contrepartie soit plus palpable plus contributive à la satisfaction. Et c’est nous qu’on appelle les contribuables. A quoi, déjà ? Bien sûr la frontière entre le droit à la souveraineté individuelle de ses choix et le devoir de préservation de sa Solvabilité est tracée à la ligne blanche. Le simple fait de faire transiter les flux d’argent par un compte en banque et de faire se parler les comptes des banques d’un même Clitoyen entre eux pour repérer sa situation nette, suffirait à éviter le recours à des organismes de crédit faciliteurs. Comme tout est potentiellement lié, le repérage de situations délicates serait possible : l’indélicatesse de certaines situations individuelles ou de collectivités étant visible, l’exigence d’éthique améliorerait les comportements.
A l’heure où les Finances publiques nécessitent un rééquilibrage drastique, disais-je dans le paragraphe précédent, il est grand temps de reposer le problème de l’intérêt des choix par le biais de la solvabilité à tous les niveaux de la Souveraineté. Et pour les choses qui pourraient être présentées comme inestimables ou en dehors de toute valorisation économique, il ne peut s’agir que de situations très personnelles comme la valeur sentimentale d’une lettre d’amour qui ne peut être pris en compte par la collectivité. Même la vie d’un Homme à un prix, demandez à votre compagnie d’assurance. Alors quoi de plus serein que de se mener et mener un projet de gouvernance avec comme fil conducteur la pensée de Lao Tseu ajustée à la hauteur de sa solvabilité. Ce qui éteint le renoncement au rêve : Yes, we can, disait quelqu’un. Autant dire que le projet doit être vrai, que le langage doit être vrai, que Monsieur Loyal et sa clique doit être vrai !

Le droit à la Satisfaction

S’assurer auprès de son Client de la satisfaction qu’il tire de son achat est un acte légitime et répandu dans le monde des affaires. On y gagne à titre de fournisseur quelques éléments de confiance en plus par l’attention portée, mais surtout les informations sur les attentes et améliorations potentielles de notre prestation : vous sortez du restaurant pas satisfait du menu ou du service sans le dire à votre hôte, vous ne lui donnez aucune chance de s’améliorer de façon à ce qu’il vous revoit. J’ai la faiblesse de penser que la gouvernance telle qu’elle est instaurée aujourd’hui souffre du manque de cette logique élémentaire. Vous me direz, si je ne considère le citoyen que comme un contribuable qui me doit de l’argent, il est préférable d’en rester là. Mais dès lors que je l’installe comme Client de ma boutique Etat, il me semble indispensable de mesurer sa satisfaction, de la structurer pour comprendre les manquements qu’il pourrait exprimer et surtout alimenter le processus d’amélioration continue avec ce qui le préoccupe pour qu’il me préserve sa confiance et sur laquelle il va choisir le projet.
En lui proposant la grille d’évaluation du projet du point de vue de son impact direct sur la qualité de sa vie quotidienne, le risque d’erreur d’interprétation ou d’incompréhension du projet se limite. C’est pourquoi, d’entrée de projet, il me semblait déterminant de cristalliser l’insatisfaction en élément tangibles et collectifs. Avec la Mesure de la Satisfaction structurée dans une grille considérée et acceptée comme universelle, pertinente et quantifiable, les chimères ou les emballements s’en trouvent avantageusement régulés pour ne pas générer les frustrations et les déceptions inversement proportionnelles à la hauteur des illusions fabriquées à partir de promesses. Par exemple, comment avoir l’espoir d’être heureux si je n’arrive même pas à manger les légumes que l’on me dit devoir manger pour être en bonne santé ? La grille de satisfaction du Clitoyen dans le mécanisme de l’espoir d’être heureux pourrait de fait prendre des allures simples des droits vitaux: subsistance, santé, salubrité, sagesse, sociabilité, solvabilité, souveraineté, notés de 1 à 5, de pas assurés à tout à fait assurés.
De la même manière et sur les mêmes plans dans le mécanisme de l’incertitude pour demain pourrait prendre lui aussi des allures simples sur les mêmes droits vitaux, notés eux aussi de 1 à 5 de risque pas maîtrisé à risque éliminé.
Enfin et toujours sur le même mode, le mécanisme du sentiment d’injustice pourrait lui aussi être simplement noté par droits vitaux de 1 à 5, de situation injuste à situation équilibrée (Annexe 1).
Alors, le yes, we can ne se gonfle pas des utopies qui le tuent en même temps qu’il s’entend, car il reste « palpable ».
Pour étayer la mesure, l’installation d’un service après vente chargé de traiter dans l’esprit du médiateur les situations de manquements aux droits « vitaux », permettrait d’abord de réparer des situations bien avant qu’elles ne soient irréversibles et d’analyser les causes des ces manquements pour comprendre comment et pourquoi améliorer le projet. De ce fait, les choix d’ajustements budgétaires pourraient être argumentés de façon directe avec l’impact sur les manquements mesurés. L’ensemble de la structure qualitative, indépendante des autres ministères, aurait de fait accès aux services et aux sphères compétentes pour poser les causes du problème dans les trois seules raisons possibles concrètement :
– soit il y a une situation non prévue dans le projet qu’il faut prendre en compte, ce qui fait l’objet d’une disposition d’amélioration du projet,
– soit que les moyens (équipements, structures, etc,..) initialement prévus n’étaient pas disponibles ou en état de fonctionnement au moment du problème, ce qui entraîne une action d’ajustement et de maintenance, voire de renouvellement,
– soit il y a un manquement individuel par négligence ou structurel par sous évaluation, mais qui ne remet pas en cause les principes, ce qui entraîne un ajustement « managérial ».
Voilà posé le huitième et dernier des messages d’une autre gouvernance, en rupture avec les habitudes qui instaure, lui, de nouveaux repères : le ministère de la Satisfaction qui regrouperait, lui aussi, cinq secrétariats d’Etat :
– les Manquements vitaux qui prennent en charge les doléances de tous les Clitoyens et les ajustes : pas de laissés pour compte dans la rue !
– les Equilibres collectifs qui prennent en charge les doléances des collectivités entre elles,
– l’Evaluation qui recense et mesure la satisfaction du Clitoyen en alimentant les mesures des Manquements par rapport au projet et communique jusqu’à pouvoir remettre en cause la gouvernance selon des modalités à définir pour ne pas subir une dérive préjudiciable,
– l’Amélioration qui organise le projet d’amélioration de chaque Ministère en assurant l’optimum du projet collectif, en relation avec le budget et les partis politiques,
– le Vote qui organise et gère le débat électoral de façon à rendre visible et compréhensible la lecture des différents projets.
Et pour que le citoyen perçoive que l’Etat est à son service, le projet de gouvernance répond à cette logique de Satisfaction par l’instauration du Ministère lui-même. L’objectif est de reconquérir sa confiance dans la vertu des choix politiques pour lesquels il est sollicité et avec lesquels la souveraineté nationale donne sa légitimité au projet retenu. A l’image de l’offre commerciale imbuvable des opérateurs de téléphonie, la discordance et l’incohérence des projets politiques renvoient les protagonistes dos à dos dans un clivage stérile et sclérosant. Comment ne rien trouver de bon dans le programme de gauche mais rien non plus dans le programme de droite. Quelle autre absurdité ! Pire, quelle gâchis si le jeu ne consiste qu’à choisir le Monsieur Loyal : comment peut-il porter un projet qui n’est pas le sien ?
C’est pour cette raison qu’il me semble incontournable de communiquer largement sur la Satisfaction et alimenter généreusement les partis politiques des potentiels d’amélioration que leurs projets respectifs devraient contenir. L’avantage concurrentiel redeviendrait la capacité de créativité opérationnelle et non la qualité oratoire ou charismatique d’un candidat sans fond ou porteur de trop d’espoirs de ruptures avec l’ancien. On s’y est fait prendre, gardons nous en !

Et juste encore un mot

Je ne suis pas de la partie et mon projet souffre, à coups sûrs, d’approximations qu’il me plairait bien entendu de connaître et de pouvoir corriger. Sa maladresse et son inculture potentielles ne demandent qu’à s’enrichir. Il n’a d’objectif que de contribuer à la réflexion du moment dont les enjeux nécessitent bien d’autres choses que des ajustements de personnes.
Sa prétention, par ailleurs, c’est de poser le débat sur un autre plan que le clivage politique traditionnel dans lequel vous nous proposez de ne pas repartir et pour lequel une fois que l’on ne veut ni être aux extrêmes, ni sur la gauche, ni sur la droite, ni au centre, il n’y a plus de place même pas sur un strapontin. Alors, si les clivages demeurent, le courage du projet est de vouloir tirer profit de la loi du Milieu, ce qui ne signifie pas nécessairement au Centre mais à mi-chemin entre les valeurs ou les choix proposés par les uns et les autres, au risque de donner un projet moyen, par définition.
Mais encouragés par l’obligation de résorber la dette publique, il est temps de repenser l’Etat et d’en justifier un projet réellement innovant car en rupture avec les habitudes. Comment mieux le faire qu’en remettant l’Etat au service du Citoyen et de faire du Citoyen son Client : le Clitoyen.

Merci de m’avoir accompagné jusque-là en me pardonnant d’avoir été si long.
Place aux objections, aux questions.
– quelle différence entre courage et illusion, Maître ?
– il n’est pas besoin d’avoir peur pour se faire des illusions, Disciple ?
– mais alors le courage c’est savoir surmonter sa peur, Maître !
– ou oser affronter l’incertitude dans une décision, Disciple !

Gérard Leidinger
Clitoyen comme je suis

Posté le 27 avril 2017
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